À vos ordres

À vos ordres
Texte paru le 1999-12-01 par Sergio   Drapeau-fr.svg
Ce récit a été publié sur Gai-Éros avec l'autorisation de l'auteur



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Août
À chaque mois en 2018, une nouvelle activité vous sera présentée dans Raconte-nous cette photo #9...

Laissez voguer votre imagination autour de cette photo et excitez-nous dans vos propres mots!

Voyons ce que les auteurs voient dans cette photo, à leur façon!

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Septembre


Je savais que les trois jours ne seraient pas une partie de plaisir, et me demandais comment j'allais pouvoir supporter cette promiscuité avec toutes sortes de gens avec qui je n'avais à priori rien de commun.

En fait de ces "trois jours" obligatoires, je ne resterais qu'une journée et demie enfermé dans cette caserne qui avait l'air de ne tenir sur ses fondations que par miracle, tant les assauts du temps en avaient fait une succession de bâtiments vétustes et lézardés.

Je me présentai à l'accueil muni de ma convocation et une fois enregistré je fus amené avec d'autres vers une quasi ruine qui tenait lieu d'infirmerie, où devaient avoir lieu les examens de santé. Là, une dizaine d'autres gars attendaient la visite en slip. Après un bon quart d'heure d'attente dans cette tenue ce fut mon tour, j'entrai dans la salle blanc-jaunâtre où m'attendait un infirmier. C'était un très grand type très brun, les cheveux ras et aux oreilles décollées. De larges sourcils noirs recouvraient des arcades saillantes sous lesquelles brillaient de petits yeux noirs à l'air malicieux. Une mâchoire carrée encadrait un menton légèrement prognathe surplombant un cou épais. À sa base la toison broussailleuse et sombre des poils de son torse dépassait du col de sa blouse. Il me fit un peu penser à un gorille, aussi avenant en tous cas:

— Assieds-toi, me dit-il, l'air un peu fatigué.

Il me regarda un peu partout, notait tous les chiffres sur une fiche, puis me fit mettre debout et descendre mon slip. Il vérifia en palpant si tout allait bien. Je fus rassuré de voir au contenu de sa corbeille qu'il changeait de gants en latex après chaque auscultation, et priai en même temps pour que ce supplice de Tantale ne m'émoustille pas trop. Il dût le remarquer, parce qu'il me regarda fixement avec un sourire, comme pour voir combien de temps je tiendrais. Je commençais à bander quand il lâcha prise, toujours en souriant, en disant:

— Ça va, tout y est, tu peux remballer ton matériel!

Je sortis de l'infirmerie dans un drôle d'état, entre excitation et colère, amusement et frustration. Le reste de la journée ne fut d'aucun intérêt, si ce n'est qu'il fut propice à la prise de conscience de ma grande solitude au milieu de tous ces freluquets, à qui, pour la plupart, il n'avait fallu qu'une heure ou deux de mise dans l'ambiance pour éveiller un patriotisme grotesque et un instinct grégaire qui ne demandait qu'à être sollicité.

Il était 21h quand ils nous libérèrent de leur sollicitude paternaliste et débilitante. Je retrouvai avec joie l'endroit où j'avais posé mes affaires, et où j'allais dormir. La porte du gradé s'ouvrit, et King Kong apparut, après toutes ses visites il était de garde. Son regard fit un tour d'horizon pendant qu'il annonçait ses consignes, s'attarda un moment sur le mien, puis continua à balayer la salle. Les joyeux drilles allaient pouvoir regarder la télé, quelle sinécure! Ça me ferait au moins un peu de répit de ne pas les entendre déblatérer leurs imbécilités.

Il s'approcha, et dit:

— J'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à faire les statistiques. Il se tourna vers moi et dit: Toi, tu veux bien?

— Oui, bien sûr!

—... caporal-chef, compléta-t-il.

Caporal-chef! comme si j'avais l'intention de jouer à leur petit jeu! Et pourquoi moi? Je commençais à me poser des questions et un doute angoissant me saisit: il avait remarqué mon émoi pendant la visite médicale et il voulait me casser la gueule? Ou bien il avait l'intention de passer ses nerfs sur moi? Oui, en quelque sorte, la suite prouva que oui.

Il me fit entrer, me tendit sa grosse main et me dit:

— Olivier, avec un sourire, Serge.

Il me parut tout à coup plus souriant, moins agressif, il se mit à parler de lui, me posa des questions, assis en tailleur sur son lit à ressorts. Il faisait beaucoup de natation, ça se voyait, ses jambes, son torse étaient plutôt développés et son pantalon de treillis semblait tendu à craquer.

— Tu étais dans un drôle d'état ce matin, reprit-il avec le même sourire.

— Un peu, dis-je en baissant les yeux.

— Pas de problème, tu sais j'ai l'habitude! Et maintenant?

Je voulais lui demander "et maintenant quoi?" mais j'avais déjà la réponse. Il venait de tourner la clé dans la serrure, avait dirigé sa main épaisse vers ma braguette et soupesait doucement mes bijoux de famille, ce qui provoqua une violente érection. Lui s'était assis au bord du lit, il se leva et mit en avant son bassin qu'une grosse barre transversale exhortait à déshabiller. Il appuya en même temps sur mes épaules et me fit agenouiller, puis se déboutonna, fit descendre la fermeture éclair, tordit un peu le bassin en plongeant la main et libéra un gros gourdin rond et brun. Haletant d'excitation il murmura:

— Suce ton caporal-chef!

À vos ordres. Je ne voulais pas être mal vu pour refus d'obéissance. Une odeur chaude de mâle excité s'exhalait de la caverne merveilleuse et j'ouvris grand la bouche pour y accueillir le trésor. Son goût légèrement salé fut compensé par la douceur de la peau soyeuse et de sa toison au parfum musqué. Olivier faisait une moue de contentement sans pouvoir émettre le moindre son à cause des bleus d'à côté.

Son pantalon tombait maintenant en accordéon sur ses pieds, son slip était baissé jusqu'à ses genoux puissants et carrés. Ses cuisses solides en arc de cercle hérissaient leurs poils noirs à mes caresses, les couilles brunes et rondes roulaient dans leur sac serré par le plaisir.

À défaut de crier il grimaça pendant deux bonnes minutes, son visage semblait cyanosé à force de se retenir. Ses oreilles semblaient aussi être toutes rouges. Alors que j'avais entrepris de le branler en lui léchant les couilles il déchargea violemment: les jets atteignirent le mur qui lui faisait face, maculant le tour de garde, heureusement sous plastique. Je ne pus retenir mon excitation longtemps et offris à ses rangers l'occasion de prouver leur étanchéité!

L'esprit et le corps apaisés, les statistiques purent se faire consciencieusement, avant que chacun ne retourne dans ses quartiers.






Dernier courriel connu de l'auteur : brutus54@hotmail.com