Mon entrée dans l'adolescence

De Gai-Éros
Aller à : navigation, rechercher
Mon entrée dans l'adolescence
Texte paru le 2003-10-22 par Benjie   Drapeau-fr.svg
Ce récit a été expédié par l'auteur pour sa publication sur l'archive


Self-pic du 18-09-2014. Vous voulez être la vedette du jour? Envoyez-nous votre selfie par courriel
Cliquez ici pour voir tous les selfies
Essay.svg
Vous avez envie de participer à un récit, mais vous n'avez pas l'envie d'écrire beaucoup, faites avancer ces récits collaboratifs:

Vous voulez publier un nouveau texte, c'est facile, mais avant de commencer lisez Aide:Comment créer un texte.

En 1960, j’avais treize ans, et je ne savais pratiquement rien des choses du sexe: j’étais fils unique, élevé par ma mère, une veuve assez rigoureuse; de plus ma timidité ne facilitait guère les contacts avec des jeunes de mon âge, ce qui excluait toutes les discussions à partir desquelles la plupart des ados acquièrent leurs informations (ces échanges complices étaient d’ailleurs bien plus rares à cette époque que de nos jours... mes fils et mon petit-fils ont eu de la chance!). Seul Julien, un ami de toujours, venait parfois me voir dans ma chambre, pour que nous terminions ensemble nos devoirs. Rien que de très sage dans ces rencontres, centrées sur le travail scolaire, les livres et les jeux de société.

Depuis quelques semaines, je sentais bien que mon corps se transformait. J’avais grandi, ma voix muait et si mon corps restait lisse, une touffette aparaissait sur mon sexe, lequel grossissait légèrement. Je ressentais aussi, au niveau de ma tige, d’étranges fourmillements diffus qui me donnaient envie de la caresser - le soir surtout, avant de m’endormir. Mes érections - de plus en plus fréquentes - me remplissaient de confusion, surtout quand elles survenaient (c’était fréquent) au cours des séances de déshabillage hebdomadaires, avant et après les leçons d’éducation physique. Plus gênant: cette sensation quelque peu frustrante qui émanait à ces moments de mon bas ventre ne se dissipait pas facilement, absorbant toutes mes pensées: il m’est arrivé à cette époque de passer une demi heure en classe, serrant et desserrant machinalement les jambes sans rien écouter de la leçon; par bonheur, j’étais bon élève et je pouvais reconstituer les chaînons manquants...

Dans le petit collège que je fréquentais, les installations scolaires étaient réduites à leur plus simple expression et Mr Vergnion, notre professeur d’éducation physique, se débrouillait avec les moyens du bord. Ce jour là, la principale activité, après quelques exercices d’assouplissement consistait à grimper à la corde, ce que j’adorais. Nous étions 24 garçons, tous en short et maillot, avec un portique de quatre cordes à notre disposition; j’adorais cet exercice que je pratiquais à la perfection, étant suffisamment léger pour me hisser sans trop de problèmes.

Dès mon premier passage, et pour la première fois, je sentis quelque chose de surprenant: le frottement de la corde entre mes cuisses, le long de mon sexe, me procura une curieuse sensation... mélange de frénésie et de torpeur, qui me donna une excitation intense. Rouge de confusion, je réalisai que je bandais comme jamais, et que mon short, pourtant très large, ne masquait pas cette érection que je ne pouvais m’empêcher de palper. Julien, mon copain de toujours, vit mon geste et ne put s’empêcher de pouffer en me clignant de l’œil. J’étais rouge de honte, mais curieusement émoustillé. Malgré la gêne que cette situation avait provoquée, je ne pensai qu’à regrimper, retrouver ce plaisir diffus qui venait de surgir pour la première fois de mon existence.

Une corde se libéra... sans attendre l’accord de Monsieur Vergnion, je m’en emparai et commençai à grimper, serrant bien le chanvre entre mes cuisses... un mètre... deux mètres... de nouveau, ce fourmillement apparut; trois mètres... quatre mètres... il se précisait, devenait d’autant plus agréable que je serrais les jambes; je touchai le crochet, commençai la descente; une onde de plaisir me traversa quand je sentis la corde frotter contre ma hampe, qui m’envoyait des signaux plus qu’agréables dans tout le bas ventre.

J’arrivai en bas, à la fois heureux d’avoir ressenti de nouveau cette sensation nouvelle, et terriblement frustré... il manquait quelque chose, c’était sûr! Je touchai le sol et saisi d’une impulsion, je repartis vers le sommet; à chaque fois que je resserrais les jambes, la même onde de plaisir surgissait, plus intense, mais incomplète encore; mes bras faiblissaient mais je ne voulais pas le sentir, pas redescendre, ce qui aurait interrompu ce moment magique; j’atteignis le sommet, de nouveau. Un bref arrêt près du crochet et je redescendis, frottant bien ma hampe contre le chanvre, à nouveau transpercé par une sensation délicieuse qui allait crescendo. Je n’étais plus habité que par mon bas ventre, que par les papillons qu’il m’envoyait, qui me transperçaient de bonheur. Les applaudissements de mes camarades, je ne les entendais pas, de même que les instructions de Monsieur Vergnion qui me sommait de redescendre prudemment.

Arrivé sur le sable, je sentis la fatigue qui envahissait mes biceps... jamais je n’étais parvenu encore à enchaîner plus deux grimpés de quatre mètres, mais peu m’importait; dans une sorte de voile rouge, je n’entraperçus que le visage de Julien, bouche ouverte, stupéfait, et je pensai instantanément: «Il a compris ce que... ce qui m’arrive! Merde!»

Cela aurait du me faire reprendre contact avec la réalité... ce fut le contraire. Le désir me fouailla le bas du ventre et je repartis, pour une troisième escalade malgré le cri de Monsieur Vergnion (Avait-il également compris, ou se souciait-il uniquement de sécurité?)

La dernière montée fut d’autant plus longue que j’étais épuisé: biceps contractés, paume des mains brûlantes, douloureuses, respiration haletante. Pour m’éviter de glisser le long du chanvre rugueux qui m’éraflait l’intérieur des cuisses, je devais serrer les jambes à fond, ce qui multipliait les sensations déjà ressenties. Chaque frottement de la corde sur ma tige me donnait maintenant une décharge de plaisir, et au bout des quatre interminables derniers mètres d’escalade, je commençai sans transition une lente descente, le corps tendu à l’extrême, noué autour de la corde, indifférent à la douleur qui me venait de mes paumes écorchées.

Partant de mon ventre, une boule de feu me transperça, se répandit dans tout mon corps, me submergeant de bonheur. Je gémis, tremblai, sentant mon sexe pulser a plusieurs reprises, pendant que mon ventre se creusait et durcissait en rythme. Je venais de ressentir mon premier orgasme, un des plus volcaniques que j’aie jamais subis, bien que pratiquement sans émission séminale encore (quarante trois ans après, je me masturbe encore souvent en pensant à ce moment précis).

Arrivé sur le sol, je me laissai glisser sur le sable, jambes flageolantes, haletant de fatigue et de bonheur. Monsieur Vergnion, amusé, me caressa les cheveux en souriant. À cet instant, je rougis légèrement, car je compris qu’il avait deviné, lui aussi.

C’est le sourire amical de cet homme, d’habitude fort strict, qui me déculpabilisa. Sans un mot, il m’avait fait comprendre que je n’avais ressenti qu’une chose tout à fait naturelle, dont je n’avais pas à avoir honte.

J’étais enfin sorti de l’enfance, j’entrais dans l’adolescence.


Le lendemain, un jeudi après-midi (les écoles chômaient ce jour là de notre temps), Julien vint à la maison; j’étais seul, car ma mère était sortie faire des courses et ne devait rentrer qu’en début de soirée

Il n’était pas trop question de devoirs, puisque la fin de l’année approchait et que les jeux étaient faits: nous passions tous les deux en classe de troisième.

Assis en tailleurs sur le tapis, nous jouions aux échecs quand mon ami me lança d’un coup, d’un air malicieux:

— Tu sais, me dit-il... hier, en gym-, j’ai deviné ce qui t’est arrivé!

Je rougis, haussai les épaules.

— Quoi, oui je suis tombé dans le dernier mètre et alors? Tu as déjà enchaîné trois grimpés, toi?

— Maurice... je t’ai vu jouir, et Mr Vergnion aussi d’ailleurs! C’était la première fois, je parie, tellement tu avais l’air ahuri!

Je devais avoir l’air d’une tomate... Il ajouta doucement:

— Pas besoin d’une corde pour ça, Benjamin, je vais te montrer!

Ahuri, je le vis alors se déshabiller lentement, relevant sa chemise et baissant son short avant de sortir son sexe que, d’un simple coup d’œil, je jugeai d’une taille comparable à la mienne. Jamais nous ne nous étions montrés nus auparavant, et là, d’un coup, Julien me dévoilait son intimité, commençant une «démonstration» dont je me rappelerai jusqu’à la fin de mes jours.

Il s’allongea sur le tapis, yeux fermés, et comença un lent mouvement de va-et-vient, en se caressant le ventre et la poitrine. Peu à peu, je vis son corps frémir, se cambrer, se tordre de désir. Il haletait, accélérait le rythme, à la recherche de quelque chose que je ne comprenais que depuis peu, quand, au bout de quelques minutes, je le vis se tendre, bouche ouverte, avant de pousser un cri de joie.

Son bassin partit dans un va-et-vient frénétique, ventre creusé; sa tête se renversa, et il cria de bonheur. Quelques gouttes d’un liquide clair jaillirent sur son ventre pratiquement lisse, pendant qu’il se détendait. Il resta sans rien dire, pendant que, comme dans un rêve, je me déshabillais également, incroyablement excité par ce que j’avais vu.

C’était à mon tour de me caresser, yeux fermés, pour masquer quand même un reste de gêne, quand je sentis sa main se poser sur mon ventre.

— Laisse-moi faire, pouffa-t-il. Tu t’es écorché les mains hier ça doit te faire mal.

Je sentis ses doigts frais sur ma tige qui palpitait, pendant que son autre main me caressait le sac, qui m’envoyait lui aussi de délicieuses sensations. Julien, instinctivement, ralentissait le rythme, retardait mon plaisir, le faisait se décupler par l’attente. Je lui témoignais ma reconnaissance en le serrant contre moi, haletant, lorsque, quelques minutes plus tard, comme hier, une immense onde de plaisir me submergea, effaçant tout, me transperçant. Je sentis mes boules remonter sous les doigts de Julien, pendant que ma tige serrée à fond pulsait, lâchant cette fois quelques gouttes de sperme, avant de ramollir.

— Merci Julien, murmurai-je. On... recommencera, hein?

— Quand tu veux Maurice... et où tu veux, murmura-t-il. Tu sais... Ça fait six mois que je le fais et... que je voulais le faire avec toi.

— Six mois... tu... tu as appris comment, toi?

Il éclata de rire.

— J’ai un grand frère moi, tu sais, ça... ça aide pour certaine choses, surtout quand on dort dans la même chambre que lui!

La clé de ma mère grinça dans la serrure de la porte d’entrée, en une demi minute nous nous étions rajustés, complices dans un grand éclat de rire.

bernard.b.benjamin@wanadoo.fr


Faites plaisir à l'auteur, vous pouvez toujours laisser un petit commentaire!!! Cliquez ici et ajoutez un sujet!


Fonds d'acquisition accumulé à ce jour: 36,73€
Contribuer au fonds d'acquisition
Ce fonds permettra d'acquérir des périodiques que nous n'avons pas retrouvé gratuitement pour l'archivage.

Pour vous remercier, tous ceux qui contribuent 10€ et plus recevront une copie gratuite de l'Anthologie Volume 1 qui a été publiée le 28 mai sur Amazon.