La conquête de l’espace (02)

La conquête de l’espace (02)
Texte paru le 2015-05-23 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
Publié par l'auteur sur l'archive wiki de Gai-Éros.

MM.jpg/ MMM.jpg

Cet auteur vous présente 215 texte(s) et/ou série(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 4039 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)
Raconte-201808.jpg

Août
À chaque mois en 2018, une nouvelle activité vous sera présentée dans Raconte-nous cette photo #9...

Laissez voguer votre imagination autour de cette photo et excitez-nous dans vos propres mots!

Voyons ce que les auteurs voient dans cette photo, à leur façon!

Raconte-201809.jpg

Septembre



J’étais arrivé le soir précédent très tard, après 24 heures de train, et le déjeuner était mon premier repas principal au sanatorium. Il y avait deux salles à manger, l’une avec des nappes blanches et des serveurs, l’autre était une cantine en libre-service. J’avais reçu une carte qui indiquait mon statut et les repas auxquels j’avais droit. Comme fils d’un membre du Parti, je pouvais évidemment aller manger dans la salle avec service, cependant j’aperçus les jumeaux avec leurs parents dans l’autre. Il me firent signe d’aller m’asseoir à côté d’eux. Je fus très étonné de voir que le fils du Secrétaire Général faisait la queue pour manger, c’était peut-être l’un des derniers à croire encore à l’idéal du communisme. Les jumeaux me présentèrent à leurs parents. Personne ne connaissait les enfants du Secrétaire Général. Ils vivaient peut-être dans l’oisiveté ou s’occupaient d’affaires secrètes. J’espérai en apprendre plus grâce aux jumeaux.

J’allai faire la queue pour chercher la nourriture. Après dix minutes d’attente, je dus montrer ma carte et on me servit une assiette de choux et de pommes de terre cuits à l’eau. Je demandai un peu de ragoût, on me répondit que je n’avais pas le droit, j’étais au régime. J’eus une pomme gâtée pour le dessert au lieu du gâteau de Crimée. Je revins m’asseoir, je demandai aux jumeaux si ils voulaient toujours une partie de ma nourriture. Ils refusèrent poliment en souriant. Au moins j’allais maigrir. Heureusement, j’avais pris quelques plaques de chocolat suisse que mon père pouvait acheter au magasin spécial du ministère.

Après avoir bu un breuvage qui aurait dû être du café, j’allai faire une courte sieste. Vers 13h50, je mis mon slip de bain et le peignoir élimé que je trouvai dans l’armoire de la chambre. Je descendis aux thermes. L’infirmier du matin m’accueillit et me dit que j’aurais les soins avec lui, sauf les jours où il avait congé. Il me fit entrer dans un petit local et ferma la porte. Je ne vis qu’un tuyau avec une buse au bout et un robinet. Il enleva sa blouse, il avait mis un maillot de corps dessous et des pantalons blancs.

— Tu peux te déshabiller, me dit-il.

J’enlevai mes sandales et pendis mon peignoir à un crochet.

— Pourquoi as-tu mis un slip de bain ? Ôte-le, ce n’est pas nécessaire.

— Je veux aller à la piscine après, camarade infirmier.

— Ce sanatorium est naturiste, tu ne le savais pas ?

— Non, on ne m’avait pas dit.

— Le grand patron insiste sur ce point, cela améliorerait l’efficacité des traitements.

— Qui est le patron du sanatorium ?

— Le médecin que tu as vu ce matin, et appelle-moi Piotr comme tout le monde.

J’enlevai mon slip de bain. Piotr me demanda de me mettre face à un mur. Il enclencha le jet et m’aspergea les jambes, le dos et les fesses. Il me dit que c’était de l’eau pompée dans la mer qui se trouvait à quelques centaines de mètres. Je me retournai ensuite et j’eus le même traitement de l’autre côté. J’eus un peu peur lorsque le jet frôla mes couilles, mais Piotr fit bien attention de ne pas les toucher. Je remis mon peignoir, mis le slip dans la poche et me rendis ensuite à la piscine. Les jumeaux y étaient déjà en train de nager. Lorsqu’ils me virent arriver, ils vinrent au bord du bassin.

— Ah, te voilà, me dit l’un d’entre eux.

Je ne savais toujours pas ce qui les distinguait. Il devait aussi y avoir les pendentifs, mais je ne les avais jamais vu de près.

— C’est l’heure de vérité, continua-t-il, on va enfin te voir à poil.

— Je ne sais pas si j’ose. Je ne savais pas que c’était naturiste ici.

— On t’a prévenu ce matin, et ne nous dis pas que le médecin ne t’a pas regardé les couilles, on ne te croirait pas. C’est sa lubie de mater tout le monde.

J’hésitai encore quelques secondes, puis je détachai le nœud et écartai les pans du peignoir, comme les jumeaux l’avaient fait le matin. Ils firent la moue.

— Ouais, dit l’un, pas génial, il faudra encore voir en érection.

— Qu’est-ce qui te déplaît ? demandai-je.

— En fait rien, dit l’autre. Elle est quand même pas mal. J’aime bien les bites circoncises moi.

— Je voulais juste un peu t’humilier, dit le premier, nous sommes très cruels.

— Vous jouez avec moi avec votre complicité de jumeaux. Vous avez besoin de moi pourquoi ?

— Viens dans l’eau, on te dira.

Je déposai mon peignoir sur une chaise longue et je descendis dans la piscine. L’eau était agréablement chaude. Le bassin n’était pas profond et je marchai jusque vers les jumeaux.

— Evgeni, nous avons décidé de perdre notre pucelage pendant ce séjour et nous avons besoin de quelqu’un pour le faire. Notre choix s’est porté sur toi. Ce n’était pas difficile, tu as certainement remarqué qu’il y a très peu de jeunes de notre âge ici. La plupart des curistes sont des vieux. Et nous avions certaines informations à ton sujet avant même le début du séjour…

— Quelles informations ?

— Secret d’état. Tu sais qui est notre grand-père.

— Mais votre grand-père sait que vous êtes homosexuels ? Vous le lui avez dit ?

— C’est notre confident. Nous ne voulons rien lui cacher.

— Et pourquoi avez-vous besoin d’un partenaire, vous pourriez le faire entre les deux ?

— Non, nous avons décidé de respecter le tabou de l’inceste, se branler entre frères, comparer la longueur de nos bites, d’accord, tout le monde le fait, mais pas plus. À propos, c’est ça la différence, celle de Sacha est trois millimètres plus longue que la mienne. Tu pourras maintenant aisément nous reconnaître.

Je me demandai quelles informations ils pouvaient bien avoir sur moi, alors que je n’avais pas encore vraiment réfléchi à mon orientation sexuelle. J’eus l’impression qu’ils affabulaient, qu’ils avaient simplement beaucoup d’imagination et qu’ils se moquaient un peu de moi. L’un des deux prit mon sexe dans sa main et commença à le caresser.

Nous continuions à parler normalement alors que je sentais les mains des deux jumeaux qui s'occupaient alternativement de ma bite et de mes couilles. J'avais peur qu'un autre nageur nous voie, mais la salle était sombre, la moitié des néons étaient hors service et n'avaient pas été remplacés.

— Qu'y a-t-il, Evgeni ? me demanda l'un des deux frères. Tu me parais bien nerveux.

— Ce n'est rien, les effets euphorisants de l'eau thermale, je suppose. Le médecin m'a dit que vous étiez malades et qu'il vous avait guéris. De quoi souffriez-vous, si ce n'est pas indiscret ?

— Nous ne savons toujours pas. Nous avons consulté beaucoup d'autres spécialistes, ils n'ont pas trouvé. Ce doit être une maladie rare. Ce n'est pas ce charlatan qui nous a guéris.

J'eus un soupir dû aux caresses expertes dans l’eau. Un jumeau s’inquiéta :

— Qu'as-tu, tu es aussi malade ?

— L'eau me fait vraiment de l'effet, pas à vous ?

— Non, rien. Ce qui nous a aidés à surmonter la maladie, ce ne sont pas quelques bains de boue. C'est notre fraternité, notre soutien mutuel, notre volonté de nous en sortir.

— Et vous êtes définitivement tirés d'affaire ?

— Nous l'espérons. L'avenir le dira.

Ils accélérèrent leur mouvements et je jouis. Le sperme remonta à la surface.

— Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda un jumeau. On dirait du... C'est toi qui te branles dans la piscine, Evgeni ? Ce n'est pas autorisé.

— On va t'interdire l'accès, reprit l'autre.

Ils évacuèrent ma semence avec un air dégoûté.

— Eh bien, dis-je, la vie ne doit pas être facile avec vous. Avez-vous d'autres frères et sœurs ?

— Non, nous sommes enfants uniques, ou doublement uniques.

— Le médecin m'a aussi dit que vous vous intéressiez à la conquête spatiale.

— Il t'a tout raconté, il t'a aussi parlé de la longueur de nos bites par hasard ?

— Je la connais déjà.

— Qui en t'a parlé ? Ton père est au KGB ? Ah non, j'oubliais que je t'avais déjà montré ce matin.

— J'aimerais devenir cosmonaute.

Ils me regardèrent soudain autrement. Je venais peut-être de remonter dans leur estime, je n'étais plus seulement un jouet sexuel.

— Toi, cosmonaute ? C'est sérieux ou juste un rêve d’enfant, comme d'autres veulent devenir conducteur de locomotives ?

— C'est sérieux. C'est pour ça que je veux maigrir et améliorer ma forme. Vous regardez le lancement ce soir ?

— Bien sûr, on devra remettre le dépucelage à demain.

— Je peux venir voir la télé dans votre chambre ? La mienne est en panne.

— Tu as de la chance, nous avons la seule télé du sana qui marche, c'est même une SECAM. Tu es notre invité, nous t'attendons à 20 heures. Maintenant tu dois nager si tu veux t'envoler un jour, il n'y a pas que le septième ciel, tu peux monter plus haut.

Je fis quelques longueurs de bassin. Après un dîner de choux et de patates, le plan quinquennal n'ayant pas prévu autre chose pour les régimes, je me rendis dans la chambre des jumeaux. Elle était deux fois plus grande que la mienne, avait la vue sur la mer et un grand balcon. Il y faisait très chaud. On disait que nos ennemis impérialistes avaient trouvé un moyen de climatiser une chambre d'hôtel, mais ce n'étaient que des mensonges de leur propagande. On disait qu'ils avaient été sur la lune, c'était certainement aussi un mensonge, un film tourné en studio.

Les jumeaux étaient vêtus d’un seul slip blanc, un modèle très seyant en coton, contrairement au mien qui baillait de tous les côtés.

— Mets-toi à l'aise, me dit l'un des deux.

— Je n'ose pas avec mon slip de héros de l'Union.

— Enlève-le alors.

— Vous les trouvez où vos slips ?

— C'est grand-papa qui se charge de l'approvisionnement en provenance d'un pays ennemi du peuple. Il les fait venir par les valises diplomatiques. Alors que tout le monde pense qu'elles contiennent des secrets militaires, il n'y a que des slips pour les petits-fils du Secrétaire Général.

Je me déshabillai et laissai quand même mon sous-vêtement informe. Nous nous assîmes sur le canapé, j’étais au milieu entre les deux frères, et nous regardâmes le lancement de la fusée en nous tenant par la main au moment crucial. Il n'y eut pas d'accident et nous poussâmes un soupir de soulagement puis un cri de joie. Nous éteignîmes la télé. Un jumeau apporta des limonades froides. Ils avaient même un frigo dans leur chambre.

— Je peux voir vos pendentifs ? demandai-je.

— Bien sûr. Regarde le mien, il a un lanceur gravé dessus et je suis Alexandr. Sur l’autre, il y a une capsule et c'est Nikolaï. Tu te souviendras ?

— J'essaierai.

— Tu viens aussi au camp des Cadets de l'Espace ?

— Je pensais qu'il fallait avoir 18 ans pour y participer. Vous êtes déjà si vieux ?

— Non, nous n'avons que 16 ans. Grand-papa a cependant insisté pour que nous y allions déjà. Tu es libre pendant les vacances d'automne ?

— Oui, mais je ne pense pas que je serai sélectionné. Je suis trop jeune et il doit y avoir des milliers d'inscriptions.

— Pas de souci, on téléphonera à la secrétaire du Secrétaire. Note ton nom et ton adresse sur ce papier. Tu recevras l'invitation dès ton retour à la maison.

Je me dis que c'était quand même pratique d'être les petits-fils d'un dirigeant.

— Merci infiniment, dis-je. Que puis-je faire en contrepartie ?

— Deux choses, me répondit Sacha. La première, tu la connais déjà. La deuxième, plus difficile, devenir cosmonaute et en quelque sorte faire ce que ne nous pourrons jamais faire. Tu seras notre représentant dans l'espace.

— J'ai une idée, continua Kolia. Faisons un pacte, jurons-nous de nous entraider comme trois frères que nous sommes maintenant. Dans 20 ans, Evgeni s'envolera et nous serons les ingénieurs chargés de la mission. Je ne sais pas où tu iras, sur Mars peut-être, ou simplement en orbite, mais tu seras cosmonaute. Nous investirons toute notre énergie dans ce but. Vous êtes d'accord ?

— D'accord, répondîmes-nous d'une seule voix.

— On s'échange notre sang pour sceller le pacte ? demandai-je.

— Bonne idée, dit Kolia. Il doit y avoir une aiguille pour repriser le linge dans l'armoire.

Il alla la chercher puis demanda :

— On le prend où le sang, sur le doigt ?

— C'est trop banal, répondit Sacha. Je pense à un autre endroit.

Il baissa son slip en coton blanc jusqu’à mi-jambes, prit sa bite dans sa main et réfléchit à haute voix :

— Comment allons-nous procéder ? Voilà, j’ai trouvé. Kolia, va chercher du désinfectant à la salle de bain et un verre à vodka.

Kolia revint avec les objets demandés. Sacha remplit le verre avec le désinfectant brun, puis y trempa l’aiguille. Il décalotta ensuite son gland et le trempa aussi dans le verre. Il fit signe à son frère de baisser son slip, prit sa bite, retira le prépuce et la baigna également. J’ôtai également mon slip, Sacha se saisit de mon pénis en disant :

— Je n’avais jamais vu une circoncision de si près, c’est intéressant.

Il examina le gland sous toutes les coutures, puis le plongea brusquement dans le liquide. Le désinfectant me piqua et je fis une grimace.

— Allons, me dit Kolia, ce que tu es sensible. Tu en verras bien d’autres si tu veux t’envoler. Ils inspecteront chaque orifice de ton corps.

Sacha posa le verre et prit l’aiguille. Il piqua la couronne à son sommet et fit couler le sang sur tout le dessus de son gland. Il passa l’aiguille à son frère qui fit de même. Ce fut à mon tour de me piquer, je m’efforçai de rester impassible afin de ne pas passer pour une mauviette. Je rendis l’aiguille à Sacha. Il se piqua alors le frein par-dessous et fit couler son sang sur le gland de son frère, puis sur le mien. Nous fîmes de même, nous avions mélangé ainsi tous nos sangs. Sacha nous dit :

— Interdiction de se laver jusqu’à demain soir.

Nous nous serrâmes dans nos bras. Kolia eut une idée :

— Et si nous mêlions encore notre sperme pour parachever le serment ?

— Excellente idée, répondit son frère jumeau.

Nous commençâmes à nous masturber. Lorsque nous fûmes assez excités, Kolia fit signe de nous rapprocher, jusqu’à ce que nos glands se touchassent. Nous laissâmes jaillir notre sperme en même temps, il se mélangea, scellant définitivement notre alliance.

Sacha dit ensuite :

— Au lit maintenant, nous avons une journée chargée demain. Pas de grasse matinée, rendez-vous à 8 heures pour aller à la plage. Les coins tranquilles dans les dunes sont vite occupés.

Je ne savais pas encore de quoi il parlait, mais je le devinai. Ils avaient un grand lit et je restai dans leur chambre pour la nuit, je m’endormis immédiatement, blotti entre les deux.

Et c'est ainsi que trois adolescents firent le serment de s'entraider afin de conquérir l'espace, dans un sanatorium de Crimée, un jour chaud de juillet dans la deuxième partie du vingtième siècle.