L’infirmier du camp religieux (01)

L’infirmier du camp religieux (01)
Texte paru le 2018-07-30 par Candide   Drapeau-fr.svg
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Août
À chaque mois en 2018, une nouvelle activité vous sera présentée dans Raconte-nous cette photo #9...

Laissez voguer votre imagination autour de cette photo et excitez-nous dans vos propres mots!

Voyons ce que les auteurs voient dans cette photo, à leur façon!

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Septembre


Afin d’éviter toute entorse aux règles de soumission, je précise que les personnages de ce récit ont 16 ans ou plus, sont pubères, sexuellement majeurs et vaccinés (malheureusement pas encore contre le VIH). Je vais enlever toute référence aux lieux et noms de famille afin de respecter la sphère privée de mes personnages. Je vais également modifier les prénoms. Je pourrais aussi vous dire que ce récit est vrai, mais vous ne me croiriez pas.


L’entretien d’embauche

Nous leur interdisons évidement les abominations qu’interdit la Bible, comme le pêché d’Onan, ou, pire encore, la sodomie.


Je suis infirmier, vous l’aurez deviné en lisant le titre, et gay, vous l’aurez aussi deviné, sinon je n’aurais pas publié mon histoire ici. Au moment où elle débute, je viens de terminer mes études. Je vis seul, pas de petit ami, libre comme l’air. J’ai prévu de prendre un congé sabbatique avant de commencer à travailler : je vais visiter le vaste monde. Je n’ai pas de soucis financiers car mon père vient malheureusement de décéder et m’a laissé quelques sous. Le voyage débute en septembre et je dois trouver une occupation pour juillet et août.

Une annonce affichée dans les couloirs de l’institut où j’ai obtenu mon diplôme a attiré mon attention :

Recherchons infirmier diplômé (homme uniquement) pour camp religieux catholique afin d’assurer l’encadrement médical des jeunes selon la loi sur les camps destinés à la jeunesse.

Du 21 juillet 2018 au 12 août 2018 à ***

Nous ne pouvons pas vous rémunérer, par contre le logis et la nourriture vous seront offerts.

Suivaient les coordonnées pour prendre contact. C’était une fraternité de traditionalistes catholiques bien connue. Ils m’avaient bien amusé lorsqu’ils avaient manifesté contre l’homosexualité à la dernière gay pride. Je me suis tout d’abord dit qu’il fallait être un peu fou pour travailler avec eux, sans être payé, à moins d’être soi-même un traditionaliste. J’ai ensuite cogité et je me suis dit : « Pourquoi pas ? ». Jusqu’à ce moment-là, j’avais principalement soigné des gens âgés et malades, je n’avais pas encore d’expérience avec des hommes jeunes et en pleine forme. Ce serait un plus sur mon CV à mon retour de voyage (ça, c’est la version officielle pour être politiquement correct, vous aurez certainement deviné la vraie raison. Si vous n’avez pas deviné, lisez la suite, vous comprendrez.).

J’ai téléphoné, le prêtre qui m’a répondu, le père Laurent, était aux anges, il n’avait pas encore trouvé d’infirmier. Nous avons pris rendez-vous pour ce week-end et j’entre dans son bureau.

— Bonjour mon père, dis-je.

— Bonjour monsieur, me répond le père Laurent. Je vous présente le père Paul qui sera mon assistant lors du camp. Prenez place, puis-je vous servir un café ?

— Volontiers.

Une fois le café tiré, mon entretien d’embauche commence.

— Vous avez bien lu que ce travail n’est pas rémunéré ? me demande le père Laurent.

— Oui, pourquoi ne l’est-il pas ?

— Nous organisons ces camps depuis des années et c’est une tradition, tous l’encadrement est bénévole. Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup de personnel externe, le cuisinier et vous, en fait. Les autres moniteurs sont des prêtres et des séminaristes de la communauté. Cela nous permet d’offrir des vacances aux jeunes dont les parents n’ont pas les moyens.

— Ce n’est pas un problème, j’ai assez d’argent.

Je lui explique ce que vous savez déjà. Il me présente ses condoléances pour la mort de mon père. Je lui donne ensuite une copie de mon diplôme, mon adresse et mon numéro de portable. J’ajoute ensuite :

— Pour être honnête avec vous, je dois vous dire que je ne suis pas pratiquant. Je crois en Dieu, certes, mais je n’assiste jamais à la messe.

— Cela ne fait rien, vous ne serez aucunement obligé de participer à la vie religieuse. Ce serait trop vous demander si vous ne le désirez pas, nous vous sommes déjà infiniment reconnaissants d’être bénévole.

C’est un mensonge, je suis agnostique. Je ne suis même pas baptisé. Le père Paul me donne ensuite mon cahier des charges et me prie de le lire. Je demande une précision :

— Il est indiqué que je dois examiner les jeunes le premier jour. Comme vous le savez, je ne suis pas médecin.

— Ce n’est pas un examen médical à proprement parler, me répond le père Paul. Il faut juste les peser, les mesurer, prendre leur tension, leur demander s’ils sont en forme, et surtout c’est pour voir s’ils n’ont pas des traces de blessures, nous avons malheureusement déjà eu des cas d’ados battus par leurs parents et cela nous a permis de les dénoncer aux autorités.

— Et, ajoute le père Laurent, cela les habitue à se déshabiller. Ils sont tellement pudiques de nos jours. Même si nous insistons pour qu’ils gardent toujours un sous-vêtement et qu’ils n’exposent pas leur intimité, ils doivent quand même vivre en commun dans les mêmes chambres et se changer. Nous leur interdisons évidement les abominations qu’interdit la Bible, comme le pêché d’Onan, ou, pire encore, la sodomie.

— Je pourrais vous aider à faire ces examens d’entrée, suggère le père Paul.

Là, je ne suis pas d’accord. Je ne veux pas que le père Paul se mêle de mon travail. Je le lui dis clairement :

— Je suis désolé, mon père, personne n’entrera dans l’infirmerie lorsque je serai avec un patient, je dois respecter le secret médical, comme vous respectez le secret de la confession.

— Je suis d’accord avec vous, dit le père Laurent, nous vous laisserons seul.

Deux raisons à cela :

— la première : l’un ou l’autre des jeunes pourrait avoir besoin de réconfort face à l’obtusité des prêtres (si, ce mot existe : « Qualité de quelqu'un qui a l'esprit obtus »), je serai disponible pour l’aider et le remettre dans le droit chemin (mon droit chemin, pas le leur) ;

— la seconde : il est évident, d’un point de vue strictement médical évidemment, ne vous méprenez pas sur mes intentions, qu’il ne me sera pas possible d’examiner ces ados avec un caleçon. Je devrai aussi contrôler le bon état de leurs organes génitaux, même si ceux-ci seront au repos pendant le camp. Le père Paul pourrait être choqué si un jeune bandait pendant que je lui tâte les couilles et lui décalotte le gland.

Vous allez me rétorquer que je n’ai pas le droit de leur tâter les couilles, qu’un infirmier n’est pas formé pour cela, et je vous réponds que tout le monde doit savoir tâter des couilles, les siennes, éventuellement celles des autres en cas d’affinités, afin de détecter le cancer des testicules. C’était ma minute éducative pour les ados qui n’ont pas le droit de lire les textes sur Gai-Éros et qui le font quand même le soir en cachette sous leur couette et qui se branlent ensuite.

Quant au décalottage du gland, ai-je le droit de le faire ? Je demande mon joker.


Manuel

Pourrais-tu encore baisser ton boxer ?


Passons directement au premier jour du camp, c’est un samedi. Je suis arrivé le vendredi, afin de m’installer. L’infirmerie est bien équipée. Je suis allé à la pharmacie acheter quelques remèdes qui manquaient, et surtout des gants, du lubrifiant et des préservatifs que j’ai bien cachés derrière une image de la Vierge Marie. Pourquoi des préservatifs alors que mes patients n’ont pas le droit de baiser ? Mieux vaut prévenir que guérir, c’était ma deuxième minute éducative.

Les jeunes arrivent tout au long de la journée. Certains viennent avec les transports en commun, d’autres sont véhiculés par leurs parents. J’ai convenu avec le père Paul qu’il les envoie à l’infirmerie dès qu’ils ont déposé leurs bagages dans la chambre. Je suis assez nerveux lorsque le premier frappe à la porte :

— Entre, lui dis-je.

Les prêtres tutoient les jeunes, j’ai décidé de faire la même chose. Je désire cependant garder une certaine distance avec eux, du moins au début, et ne pas les laisser me tutoyer.

— Bonjour monsieur, me dit l’ado.

— Bonjour, comment t’appelles-tu ?

— Manuel ***.

Je lui demande encore sa date de naissance. Je contrôle ces informations dans mon ordinateur. J’ai prévu deux fiches : celle officielle, exigée par la loi, et qui est déjà partiellement remplie avec les données du questionnaire médical envoyé par les parents lors de l’inscription, et ma fiche privée qui contiendra des indications plus intimes.

— Je suis Jean, l’infirmier. Je ne fais pas partie de l’Église, tu peux tout me dire sans crainte, je suis tenu par le secret médical. Je serai à ta disposition 24 heures sur 24 en cas de souci ou de maladie.

Manuel a l’air intimidé. Il a des cheveux bruns, assez longs, qui lui couvrent le front, des yeux gris-verts. Il a mis un tee-shirt gris.

— C’est la première fois que tu viens au camp ?

— Oui, monsieur.

— Tu n’es pas obligé de m’appeler monsieur, utilise mon prénom, c’est Jean.

— D’accord, mon… Jean.

— Ben, moi aussi c’est la première fois. Et tu es mon premier patient, excuse-moi si je suis maladroit. Je dois te préciser que cet examen est prescrit par la loi sur les camps destinés à la jeunesse et qu’il est obligatoire. Tu peux refuser mais tu ne pourras pas rester au camp. Acceptes-tu ?

— Oui, j’accepte.

— Parfait. J’ai lu le questionnaire médical envoyé par tes parents, tu as l’air en bonne santé. Pas d’autres maladies depuis ?

— Non.

Je lui prends ensuite la tension avec un appareil.

— Tu en as un peu trop, lui dis-je. Tu es nerveux ?

— Oui.

— Pourquoi ?

— Je n’aime pas les examens médicaux.

— Je ne suis qu’un infirmier, pas un médecin. Je te prie de te déshabiller.

Manuel m’obéit, il enlève ses baskets, son tee-shirt, son jean. Il a un corps maigre, plutôt musclé, la peau légèrement bronzée. Il a un pendentif en or représentant une croix.

— Les chaussettes aussi ? me demande-t-il.

— Oui.

Il ne me demande pas pour le boxer, il le laisse. Celui-ci est bleu roi et paraît bien rempli. Je me lève et fais monter Manuel sur la balance, puis je mesure sa taille sous la toise. Je lui regarde le corps de haut en bas, aucune trace de coups ou de blessures. Juste quelques boutons d’acné.

Je prends des gants et les mets en disant à mon patient :

— Pourrais-tu encore baisser ton boxer ?


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