Flashback sur ma vie (9) - Partie 1
De Gai-Éros.
Texte paru le 2010-07-19 par Flav
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Quatrième partie : L
Partie 1
- Premier texte : Flashback sur ma vie (1) - Francis (partie 1)
- Texte précédent : Flashback sur ma vie (8) - David (partie 3)
- Texte suivant : Flashback sur ma vie (9) - Partie 2
— Salut Flav !
— Hakim ?
— Oui c’est bien moi, le monde est petit.
— Shit, ils t’ont mis des implants mammaires de femmes !
— J’ai dû prendre plus de muscles aux USA.
— Ce que c’est moche !
— Sympa! Tu vas bien ?
— Je suis pété comme une vieille barrique.
— Il me semble en effet.
— Ce sont tes amis, ceux là ? J’aime bien Mickey là…
— Mike ?
— Celui avec son short kaki.
— Tu veux que je te le présente ?
— Le connais déjà, y a quelqu’un qui avait un truc à me dire ici, mais je sais plus qui…
— Mon producteur !
— Ha bon ? Je fais pas des films X moi !
— Je sais, mais en fait, il ne me croyait pas quand je lui ai dis que je te connaissais.
— Cool…
— Et comme je lui ai dit que je ne tournerai en tant que passif que si le mec de l’affiche des jeans voulait bien me baiser, il tenait absolument à te le proposer…
— Dis lui que c’est quand qu’il veut, j’ai les couilles bien pleines !
— Flav tu es…
— Complètement en manque ! Je vais demander à Mickey Mouse s’il veut venir jouer avec nous…
— Non attends…
— Tu veux pas venir avec nous, je, je suis sûr que Mickey me dira pas non lui!
Un Flav bourré, deux pornstars pour le prix d’une, c’est sur un lit ovale que je me suis allongé, torse nu, je n’ai eu qu’a ouvrir ma braguette pour qu’ils se jettent tous les deux dessus. Hakim est vite venu me donner sa queue à sucer, je me suis appliqué du mieux que j’ai pu, mais les mains sur ses fesses plus que musclées, j’ai baladé mes mains sur tout son corps. Ces quelques attouchements l’excitèrent assez pour qu’il vienne coller son intimité sur mes lèvres, intimité que je me suis empressé de dilater à force de molards, tout l’alcool emmagasiné au cours de la nuit faisait que j’avais la gorge pâteuse et sèche. Pendant ce temps là, l’autre larron me léchait les couilles et les tétons en alternance comme un chef ! Hakim s’allongea sur la couche, sur le dos les jambes bien écartées et muni d’un capuchon placé par les lèvres expertes de Mike, je commençais mon petit va-et-vient dans ses entrailles. Mike lui, prit place au dessus de Hakim, à quatre pattes. De son anus dépassait un gode de grande taille qu’il me demanda d’activer en lui tout comme je m’activais en Hakim. Les deux pornstars ont joui l’un sur l’autre, moi dans la capote. Je me souviens bien de cette partie de jambes en l’air, je me souviens aussi que l’on a pris un verre juste après, puis c’est le trou noir total.
Drogué, anéanti, alors que la vie me souriait, que j’aurais dû être heureux, en quelques minutes, je suis tombé dans les ténèbres. J’étais parmi eux, forcément puisque j’étais même le centre de cette orgie, enfin quand je dis que j’étais présent, physiquement uniquement ! J’ai comme des flashs quand je repense à ce traquenard mais rien d’autre, des visages cagoulés, des sexes protubérants, une caméra… La drogue se dissipant, le viol plus que l’orgie étant terminé, on me demanda de signer un papier. Je demandai quelques minutes le temps d’aller aux toilettes, ce qui les fit bien rires. J’étais toujours dans la boîte de nuit, mais elle était vide, par chance madame pipi astiquait encore ses lavabos et je lui suppliais d’aller sur le parking, porter en vitesse un mot à Jack, le seul allié sur place. Je griffonnais un message en français afin de ne pas éveiller les soupçons de madame pipi sur un morceau de papier toilette, lui affirmant qu’en échange de ce mot, elle recevrait un beau billet vert. Je ne sais pas si elle ne l’a jamais eu cette samaritaine son billet, mais elle porta mon mot d’appel à l’aide à Jack, et il me sauva en quelques sortes de ce mauvais traquenard. Jack n’eut aucun mal à déverrouiller le portier en faction qui ne le laissait pas rentrer. Il était près de 10h du matin, inquiet il avait déjà voulu me retrouver à l’intérieur mais en vain, et une fois la boîte fermée, il avait été mis dehors. Il me retrouva en train de vomir mes tripes dans les wc, je parvins juste à lui dire, deux mots, viol et caméra. Que peut bien faire un chauffeur dans ses cas là vous me direz ? Et bien Jack a appelé un hélicoptère qui a atterrit sur le parking de la boîte, qui m’a conduit directement dans un centre de désintoxication huppé. Dans l’hélico, on me fit déjà une prise de sang, et l’on me plaça aussi une perfusion. J’avais entendu Jack dire à un brancardier qu’il fallait me faire faire tous les tests résultant d’un viol sous influence de l’alcool, et toutes autres drogues. Moi je m’enfonçais alors non pas dans un sommeil profond mais dans une léthargie totale à la limite de l’aliénation. Quand j’ai peu à peu émergé à mon réveil au bout de trois jours, L était assoupis dans un fauteuil de la chambre de désintox. Une chambre d’hôtel pour star ou gens fortuné qui tente de se refaire après un excès de rails, ou que sais-je encore… Je me suis mis à pleurer en silence, pensant à toutes les conséquences que ce film pourrait avoir dans ma vie, je n’oserais plus jamais voir quiconque de ma famille, j’allais devenir si je ne l’étais déjà pas la tare du clan. Mes projets dans la pub, mon avenir, je n’étais plus rien, et pire j’étais déjà peut-être condamné par une MST. Les joues dégoulinantes de larmes, L s’est avancé vers moi, d’une main douce et ferme à la fois, non pas violente, mais sûr de lui, il a essuyé mes larmes.
— Allons, allons, tout est arrangé, ne pleure pas…
— Tout ?
— Es-tu en état de parler ?
— Depuis combien de jours suis-je ici ?
— Je crois que cela veut dire oui.
— Et bien le nombre de jours est sans importance, quelques uns.
— J’ai soif…
— Infirmière ! De l’eau vite.
— Ha, vous êtes de retour parmi nous monsieur, c’est une bonne nouvelle, mais votre fils doit boire par petite gorgée et pas de trop, il faut y allé par étape, car c’est la perf qui vous nourrit depuis que vous êtes là.
— Par petite gorgée Flav, tu as entendu madame.
— Ce n’est pas mon père madame.
— Oh excusez moi, comme vous êtes là depuis le début à le veiller, qu’il doit bien avoir vingt année qui vous sépare, je pensais que…
— Ce n’est rien.
— Remarquez, mon mari a bien quinze ans de plus que moi ! Bon, si votre fiancé arrive à boire la moitié de ce verre c’est très bien déjà.
L’infirmière partie :
— Et bien mon jeune fiancé, posez vos lèvres sur ce verre.
— Au moins, elle nous aura fait rire…
La journée fila à toute vitesse, on ne parla de rien, je bus un verre d’eau et réussis à avaler quelques cuillères de pudding industriel. Je m’endormis la main dans celle de L. Sa présence me rassurait, je ne sais pas pourquoi…
Le lendemain à mon réveil, il était à nouveau, là dans le même fauteuil mais réveillé.
— Bonjour Flavio !
— Bonjour…
— Ça va mieux aujourd’hui ?
— Oui, merci. L…
— Oui ?
— J’ai besoin de tout savoir…
— De quoi te souviens-tu ? Veux-tu que j’appelle le psy ?
— Non pas de psy. Pourquoi êtes-vous là depuis le début ?
— Car je pense que tu as besoin de quelqu’un à tes côtés, et que je suis déjà passé au travers d’épreuves qui font que je gère.
— Il va falloir casser mon contrat. Je ne suis plus une image digne…
— Allons donc, on ne laisse pas partir comme ça une icône montante, je t’ai demandé de quoi te souviens-tu ?
— J’avais beaucoup bu, je me suis retrouvé dans une…
— Tu veux que j’appelle quelqu’un qui saura t’aider.
— NON !
— Prends ton temps alors pour parler…
— Comment se fait-il que vous soyez là depuis le début ?
— Jack est un chauffeur spécial qui travaille pour nous, il est aussi garde du corps, il m’appelle toujours dans ce genre de situation et on essaie de faire en sorte qu’elle n’arrive pas, et quand ça arrive, on tente de recoller les morceaux.
— Recoller quoi, je suis foutu, peut-être même déjà mourant…
— Flavio, veux-tu que j’appelle quelqu’un, ou veux-tu que je te dises ce que je sais ?
— J’étais tellement ivre que je me suis fais tronché par plusieurs mecs, et qu’ils ont même tout filmé.
— Flavio, Flavio, oui tu avais bu de trop, mais en prime on t’a drogué avec des tas de saloperies. Par chance, tu n’as rien signé, tu es donc sous le coup de notre exclusivité pour ton image. La sex-tape ne la crains pas, Jack a la seule copie possible que nous avons dû visualiser car elle pourrait être une pièce à conviction si tu veux porter plainte. Et sache qu’ils ont eu la décence de mettre des préservatifs, que ton test au VIH est négatif, mais pour plus de prudence, dans un mois, tu referas une prise de sang. Le médecin t’en parlera certainement.
C’est en larmes que je remerciais L et le ciel, même si je devais encore attendre un mois pour être fixé sur mon sort.
— Veux-tu porter plainte ?
— Et ébruiter toute cette affaire ! Non, trop de gens en souffriraient.
— Mais et toi, le principal concerné ?
— Moi je vais bien, je ne veux pas faire souffrir ma famille, la carrière politique de mon père serait foutue, les industries de ma grand-mère ne s’en remettrait jamais non plus et tous les gens qui en dépendent, non, moi je vais bien et ne veut pas causer le désarrois sur mon passage.
— C’est tout à ton honneur Flavio, mais prends le temps de la réflexion.
— L on est suffisamment intime maintenant, Flav de Flavien mais pas Flavio, ok ?
— Ok, mais ne m’appelle pas Teddy, je déteste cela.
— T’inquiète mister L, je ne saurais pas t’appeler autrement. Est-on certain qu’il n’y ait aucune copie ?
— Oui, la boîte a été fermée et réquisitionnée pour enquête. Mais pas même la police ne sait qui tu es. C’est nous qui avons la bande te concernant et toutes celles de surveillance du parking et des moindres recoins de cette boîte sordide.
— Parfait, il faut tout faire détruire.
— Si tu veux, tu y mettras toi-même le feu.
J’ai peu à peu repris des forces, j’ai cependant eu des migraines et des maux de ventre atroce dans les premiers jours de mon hospitalisation, des crises de manque, on ne met pas suffisamment en garde contre ses merdes, l’ignorance de beaucoup de gens qui ne savent pas que d’essayer ces saloperies c’est déjà les adopter ! Dans mon cas, même si c’était à mon insu, j’eus tous les symptômes du drogué, je pense que c’est ce qui m’a le plus choqué dans toute cette histoire. Jack dans son récit ne m’épargna rien, me raconta tous dans les moindres détails, me sermonna même, mais à juste titre, et pour toute réponse je l’embrassai sur la joue, une impulsion qui voulait dire merci. Il m’avoua qu’il était engagé par deux patrons à la fois, L et Francis qui voulait savoir tous mes moindres faits et gestes, par chance il ne lui dit rien de ses fâcheux évènements, il me conseilla même de le laisser continuer à travailler pour Francis qui engagerait de toutes évidences quelqu’un d’autre à sa place. Il me proposa de lire ses comptes rendus prochains, et je me pris même au jeu de les étoffer. J’ai repris assez vite une apparence humaine, au bout de quinze jours, je circulais dans le complexe, profitais du spa, de tous les services offerts, mais je me dégoûtais tellement que je n’arrivais pas à contacter mes proches et ma famille, mes amis à DC surent juste que j’avais des ennuis de santé et que je ne voulais aucune visite, ma famille n’est à ce jour toujours pas au courant de ce que j’ai vécu à cette époque et c’est tant mieux. J’avais le moral dans les talons, physiquement plus rien n’y paraissait, j’étais juste suicidaire, fatigué de la vie mais sans l’intention d’y mettre fin. L venait tous les jours me voir, on soupait toujours ensemble, il avait installé son bureau dans une chambre voisine du centre, il faisait tout pour me faire rire, me distraire et combler tous mes souhaits, par des petits cadeaux sensés me faire sortir la tête hors de l’eau. Au bout d’un mois dans ce centre, en ordre avec le corps médical, lors de notre rituel du repas du soir, alors que je broyais intérieurement du noir, il n’y avait plus que la tête qui allait mal, il eut la bonne idée !
— Quelle belle nuit, la Californie c’est très joli tu ne trouves pas ?
— Elle n’a pas été tendre avec moi L, je n’arrive pas à l’aimer, je n’en connais d’ailleurs que ce centre et ses boîtes louches…
— Je ne voulais pas te faire souffrir.
— Je ne souffre même plus au souvenir de cette nuit, tu es trop bon avec moi et pourtant, tu perds ton temps.
— Si je le fais, c’est complètement désintéressé, tu es loin de ta famille ici, figure toi que plus jeune, j’ai croisé des gens qui m’ont sauvé la vie, la moindre des choses pour leur rendre hommage, c’est de faire pareil…
— Je m’excuse L, je suis…
— Cesse de t’excuser à tout bout de champs, mais sache tout de même que je l’envie celui à qui vers qui tes pensées vont !
— Il n’y a plus personne.
— Alors j’ai une chance, et ne dis rien juste être ton ami me comble déjà de joie.
— Je suis ton ami, je te suis redevable…
— Là tout de suite, de quoi as-tu envie ?
— J’ai envie d’être loin, dans un endroit où l’on se sent bien…
— Fait tes valises, je t’emmène dans mon endroit favori.
— Là tout de suite ?
— Oui depuis le temps que j’attends que tu te décides à quitter ce centre, je ne vais pas laisser passer cette occasion. Il n’y a qu’un seul endroit au monde où je me sente bien.
— Pas dans ta tour au moins ?
— Non idiot, là j’y suis juste pour le boulot. Et c’est un mythe, je n’ai passé qu’une ou deux nuits dans cette tour, je n’y habite pas…
Après une heure de route, nous avons pris un jet privé qu’il a piloté. Nous avons atterri, je le saurai plus tard en Virginie, au milieu d’une étendue infinie de champs. Après dix minutes de voiture, nous sommes arrivés dans une longue allée bordée de ses fameuses barrières blanches qui sont l’incarnation même du rêve américain, du rêve de propriété terrienne. Après un tournant, la maison sudiste par excellence, peinte en blanche aux volets verts, le grand porche flanqué de grosses colonnes blanches, la balancelle sur la terrasse couverte, la maison ou l’on imagine aisément la grosse Mama africaine crier d’une fenêtre à l’étage : « Mame Scarlett z’avez pas fini de courir les garçons ! » Nous, ce fut une petite dame grisonnante toute frêle qui vint à notre encontre, qui fit porter les valises à l’étage par un homme à tout faire, qui s’occupait des massifs et des gros travaux, une autre fille du comté venait faire le ménage trois quatre fois par semaine, la petite dame, Thérèsa, régentait tout et surtout la cuisine, à eux trois ils étaient tout le personnel à l’entretien de la maison du grand-père de L.
Lors du tour de propriétaire, je sus que j’aimerais énormément cette maison. L aimait cette maison dont il connaissait le moindre recoin, et il savait en parler, d’emblée il me la fit aimer avec toutes ses anecdotes, je découvris un poète au milieu de ses vieux mûrs, un homme totalement différent du big boss de DC. Les premiers jours, je faillis encore appeler Francis, mais comme d’un commun accord avec Jack, j’avais réussi à le semer pour une escapade en charmante compagnie, autant le laisser se poser milles questions, et puis je n’éprouvais plus les mêmes sentiments à son égard, je l’oubliais même. J’avais contacté tout le monde à DC, David, Olga, Gina de passage, je leur dis que j’allais mieux et serais bientôt de retour parmi eux. Je me délectais des gâteaux de Thérèsa, de tous ses bons plats, je profitais de la maison quand il faisait trop chaud dans le parc, L revenait chaque soir, car sa propriété était à deux heures de routes de DC, on partageait le souper et la soirée qui souvent était longue, un peu comme au centre, excepté qu’en sa maison, il me faisait penser à un seigneur bien dans son fief et que les heures défilaient à toute vitesse. Il n’y avait pas de tv, je lus beaucoup de bouquins de la bibliothèque de sa grand-mère, je fouillais caves et greniers en quête de trésor, j’aidais Thérèsa parfois en écorchant des petits pois ou en mélangeant des mixtures, en battant les œufs en neige, je me rabattais souvent sur les vieux vinyles du salon. Je découvris Ginette Reno, une chanteuse francophone canadienne, grâce à ses chansons, je revivais ! Quelques titres pêle-mêle : « Un peu plus haut, un peu plus loin », « C’est beaucoup mieux comme ça », « La deuxième voix », « T’es mon amour, t’es ma maîtresse », « Fais moi la tendresse », et cetera. (Tous sur youtube go ! Mais alors commencez par « Comment te dire ».)
Sur cette dernière chanson, je suis tombé amoureux, pour la seconde fois alors que je n’y croyais vraiment plus, mon petit cœur s’est remis à battre plus fort. J’écoutais ce vinyle : « Comment te dire », par la fenêtre je vis L assis sur une chaise de la terrasse de cette maison de rêve, tout vêtu de lin blanc, concentré dans son journal, il leva les yeux vers moi, il me regardais avec des yeux que je ne lui connaissais pas, des yeux que je ne voulais pas voir. Dans la pièce madame Reno chante :
Toi qui avances à mes côtés Mais comment te dire que j'suis avec toi Que le meilleur le pire ne change rien à ça Et que tu peux trébucher que tu peux même tomber Moi je serai toujours la toujours a coté de toi Oh comment te dire que j'lâche pas ta main Que ton avenir c'est aussi le mien
Et sur ces belles paroles, mes yeux s’ouvrent, se n’est plus un big boss que je vois, ou une bonne âme à mon secours. Mais un très bel homme, svelte et élancé, très grand, un sourire à l’américaine étincelant, les cheveux toujours impeccable à la brosse qui donne envie d’être dérangé. Envoûté autant par le texte de la chanson que par ses beaux yeux noisettes, je n’ai pas remarqué qu’il s’est avancé jusqu’à la fenêtre, il frappe à la porte fenêtre, je lui ouvre…
— Je me demandais où tu étais.
— Ici, j’adore la bibliothèque, j’ai commencé par lire quelques livres, et à force je m’enhardis, je sors tous ses vinyles de leur sommeil.
— Détrompe toi, j’écoute souvent ma collection.
— Qu’écoutais-tu ?
— Tu crois que Thérèsa serait choquée si elle nous voyait danser ?
— Tu veux danser ?
— Dans ma famille, mes grands-parents, mes parents, mes oncles et tantes, cousins, cousines, ne sont jamais plus complice que sur la piste. J’aime danser des slows même si c’est ringard…
— Mes parents dansaient souvent aussi, dans cette pièce même. Mais c’est moi qui conduis alors !
— Of course Mister but just the first !
Après cette danse, j’étais vraiment chamboulé, en plus il avait fredonné quelques notes, et je les prenais comme un message personnel, mais j’avais tout de même un doute.
— On prend l’apéro ici ?
— Bonne idée, je change le disque et je te le dédicace…
Alors que nous étions en train de siroter moi un gin tonic et lui un rhum cola assis chacun dans un fauteuil face à face, il écoutait attentivement la chanson : « J’ai besoin d’un ami », dont les dernières notes sont :
Pour trouver un ami, Rien ne sert de chercher, Il faut savoir aimer, Il faut savoir aimer, Il faut savoir aimer…
— Très belle chanson, on passe à table sinon Thérèsa va s’impatienter !
— Ok.
Après le repas, alors que nous étions montés nous coucher, sur le pas de la porte, il posa sa main sur mon épaule et me demanda : « Sauras-tu m’aimer ? »
— Je crois que c’est trop tard L.
— Ha, tu ne crois pas qu’un jour ce serait quand même possible que je sois plus qu’un ami ?
— Ne fais pas cet air de chien battu, je te préfère quand tu fais de ta superbe, et je viens de te dire qu’it’s to late ! I love you !
Il m’attira alors de ses larges mains aux longs doigts par la taille tout contre lui, en me caressant le dos, il m’embrassa passionnément, tendrement, c’était divin. Il me prit par la main et m’emmena dans sa chambre. Il tomba la chemise, je défis juste le bouton de son pantalon de toile qui directement tomba sur ses chevilles, en caleçon, il entreprit un peu maladroitement de me déshabiller tout en m’embrassant tel un adolescent impatient, ne savant pas y faire. J’avais la tête prise dans mon t-shirt, mon short me fit trébucher et je tombais dos sur le lit. Je me mis nus, lui debout en face du lit, enleva lui aussi le dernier vêtement qui faisait encore entrave à l’accès de son corps. Son sexe, tendu et bien rigide est d’une longueur affolante, pas trop gros mais bien épais et démesurément long ! On le croirait greffer sur ce corps élancé.
Je suis plus qu’attiré par ce colosse, et m’asseyant au bord du lit, c’est d’une bouche avide que je ne me connaissais pas encore que je lui saisis son dard de chair pour une fellation d’enfer. Impossible de le mettre en entier dans ma bouche, j’en arrive juste à la moitié, et pour moi qui ne suis pas fan de cet acte, c’est un miracle. Aussi, je m’applique du mieux que je peux à le lui léchouiller le gland, je couvre abondamment de salive ce beau gros gland en forme de champignon, quand je regarde dans sa direction pour m’assurer qu’il prenne son pied, c’est un mec en extase que je vois, je ne pense pas que ce soit à cause de mon traitement en sa faveur mais plutôt grâce à sa persévérance qui paye enfin ! Il est rare le mec qui sait attendre un autre mec plus de six mois sans relâche. Il finit par se redresser, s’écarta de moi, jouit en de grandes saccades sur mon torse.
L’amour prude à l’Américaine, il m’allongea ensuite sur le lit, et contrairement à moi me suça en effectuant de grande gorge profonde, faut dire que sept cm en longueur de moins ça aide ! Au bout d’un moment, ayant retrouvé vigueur il entreprit de me masser avec un gel lubrifiant, curieusement ce gel après massage, me dérangeait, me picotait les zones les plus sensibles. Rien de tel que les lubrifiants naturels et l’ardeur européenne exsangue de gadget. Mais je ne dis rien, je le laissai faire, je lui dis juste alors qu’il commençait à buter contre ma rosette, qu’un engin d’une tel longueur, je n’étais pas sûr qu’il entre. Il me rétorqua qu’on allait quand même essayer et à force de persévérance, à nouveau il arriva à ses fins, tout en moi, ce fut comme un dépucelage, des zones encore jamais explorée découvrait le sexe d’un homme. C’est l’amour qu’il me fit, un pur moment de tendresse, entrant progressivement, centimètre par centimètre, chaque nouvelle zone de conquise avait droit à ses va-et-vient, scellé d’un petit baisé sur les lèvres, une fois qu’il eut entièrement pris possession de moi, j’attirai sa bouche à la mienne, forçai de ma langue l’ouverture de ses dents. Je lui roulai un patin monstrueux, langoureux, un grand échange de salive eut lieu. Surpris sur le moment, il prit ce baiser comme un départ pour le marathon et joua son rôle de mâle à la perfection, sachant s’y prendre, chaque coup de buttoir étant une ode à la débauche, au vis de la jouissance, c’est sans même me toucher que je jouis. Il voulut d’emblée se retirer, je le retins par les fesses en moi, je voulais encore être tout à lui, je voulais le sentir en moi, lui prouver peut-être que je l’aimais. Je suis tombé endormi, lui en moi, je ne l’ai pas senti se retirer.
À mon réveil, il faisait nuit, j’étais lové au creux ses bras tout contre lui. Ayant soif, je mis son peignoir et descendis chercher de l’eau fraîche. À mon retour, il s’était mis sur le côté, endormi. Je me lovais alors contre lui dans son dos, la queue à hauteur de ses belles petites fesses musclées, plates à comparées aux miennes. À la vue de ce spectacle, j’éteignis la lumière, mais ma queue ne s’éteignit pas pour autant. Quelques minutes plus tard, alors que je cherchais le sommeil, sentant mon érection, il ondula des fesses contre ma verge. Je lui caressais le torse d’une main, un torse imberbe, il me dit juste :
— Prends moi !
— J’en meurs d’envie…
— Le gel est sur la table de nuit.
— J’ai mieux que ton gel irritant.
Je descendis mon visage à hauteur de ses fesses, les écartai bien tout en les malaxant, je plongeai le nez entre et lui mangeai la rondelle. Après nos ébats, de la sueur avait coulé entre et cette bonne odeur de mâle m’excita beaucoup. Je le pénétrai de ma langue, il gémissait comme un gamin et avoua même que c’était une première pour lui. N'y tenant plus, tout en lui léchouillant la rondelle, j’ajoutais un doigt bien plus entreprenant qu’une langue, et ne sentant aucune résistance, je l’ai directement remplacé par mon sexe. Sans ménagement, je m’introduis en lui, il me demanda juste de rester immobile en lui un instant, me tenant fermement par les fesses, cette pression de ses mains m’obligeant à rester au fond de lui m’excita au plus au point. Dès qu’il me lâcha, j’entrepris à mon tour de lui faire l’amour. Si au début de la pénétration il avait ressenti une douleur, ses cris qui suivaient de près mes ruades étaient une preuve s’il en fallait de sa jouissance. Jamais je n’avais entendu un mec autant crier son bonheur. Les pornos américains doivent être à l’image de leurs appétits sexuels: très bruyants et très propres. Je n’osai pas jouir en lui, je déculai et lui jouis sur les fesses.
Le lendemain matin, je ne l’entendis pas partir au boulot, au réveil, j’allais déjeuner dans la bibliothèque, en écoutant Ginette Reno qui me plaît encore tant aujourd’hui. Après avoir écouter « C’est beaucoup mieux comme ça », je téléphonais à tout le monde, d’abord ma grand-mère pour lui confirmer que je serais là à sa petite sauterie, de tenir quelques chambres pour mes invités et si le domaine était déjà complet de réserver à l’hôtel le plus proche. Ma grand-mère est de cette époque où quand on invite, on invite le moindre de ses cousins pour la semaine, dussent-ils habiter aux quatre coins de la terre, on les loge. Je lui mentis en disant que tout allait bien, que si je ne donnais pas des nouvelles c’était à cause du décalage horaire et de mes nombreuses heures de travaille. J’appelais aussi Olga et Gina toutes deux mortes d’inquiétude. David relativisait se devinant déjà remplacer. J’appelais aussi quelques vieux amis d’Europe, juste pour leur demander des nouvelles et les prévenir que je serais une semaine en Belgique pour les fêtes. Le soir même, j’en parlais à L, de cette reprise de contact d’avec le monde par le biais de son téléphone, au risque d’avoir fait sauter son solde, il ne s’en soucia guerre, quand on gagne autant d’argent que lui c’est un peu normal. Il me demanda si j’avais envie d’inviter quelques amis pour un barbeuc.
— Gina et Olga sont tellement mortes d’inquiétude que ça devrait leur faire plaisir et Jack pour le remercier.
— Pas à toi ?
— Si aussi.
— Très bien, Thérèsa s’occupera de tout. Tu ne veux pas inviter David et son copain, tu sais il prend tous les jours de tes nouvelles.
— Non une autre fois, juste Gina et Olga et dans l’après-midi le barbeuc, je n’ai pas envie qu’elle s’incruste à la soirée. Je préfère que l’on soit juste à deux en soirée.
— Ce n’est pas moi qui vais me plaindre de cela. Mais il faut petit à petit revenir sur terre.
— Tu as raison, je le sais bien, laisse moi encore un peu de temps. La semaine prochaine, nous irons à DC voir la petite bande au complet.
— Très bien enfin des projets, cette semaine le barbeuc et la semaine prochaine une petite sortie.
— Il me faudra bien une semaine pour finir les mémoires d’outre tombe.
— Tu n’as rien de plus drôle à lire.
— Toi tu ne les as jamais lu, alors chuuut…
— Tes désirs sont des ordres, tu sais bien.
Après quelques pas de danse improvisés, sans musique, nous nous sommes retrouvés tête-bêche sur le canapé de cuir dans un 69 des plus captivant. Cette fois là, c’est lui qui s’essaya à la lubrification naturel mais avec un petit manque d’entrain qui allait finir par arriver, on ne fait pas disparaître comme ça les gadgets des mains des américains… Afin de lui apprendre, c’est moi qui lui dévorais les fesses et c’est moi qui m’introduisis dans son fondement. Je ne sais pas si la vieille bibliothèque avait jamais vu pareille scène en tout cas, moi en fermant les yeux, je nous vois encore comme si c’était hier dans cette communion de chairs…
Le barbeuc avec Gina, Olga et Jack se passa paisiblement dans la semi simplicité des lieux, Olga et Jack sont même retournés ensemble. Francis avait renvoyé Jack à cause de Gina trop affolée de ne plus avoir de nouvelles. Elle s’en excusa et je leur expliquai brièvement que j’avais été enlevé, que Jack m’avait sauvé in extremis, de ne rien ébruiter, qu’officiellement j’avais eu un accident de voiture. En américaine, Olga me tapota l’épaule, et dit :
— Je me doutais bien qu’il s’était passé quelques choses, nous sommes là tu sais bien. La semaine prochaine, veux-tu que j’organise quelque chose pour te changer les idées ?
— J’ai envie d’aller à La Terrasse et d’ensuite jouer aux charades ou un truc du genre.
— Ok, date bloquée !
La semaine suivante, je décidais d’aller revoir Vermeer et ses fenêtres au National Gallery, moi aussi maintenant j’aurais pu peindre une fenêtre qui voulait dire milles choses si seulement j’étais doué pour le dessin ! Alors que j’étais dans une peinture, on vient me tapoter sur l’épaule, bien que ce geste fut amical, c’était David, allez savoir pour quoi je le pris pour une agression et je m’effondrai. Par chance, il connaissait tous les recoins du musée, en avait les clés et me porta, aidé d’un gardien dans les coulisses du musée. Après quelques minutes, je m’effondrais dans ses bras en larme, je lui dis tout, mes nuits agitées de saoulard, Hakim et le viol. Il m’emmena boire un café glacé au Starbucks, nous trouvâmes tous les deux cela dégoûtant. Il décida ensuite qu’on irait attendre les autres chez lui. En me promenant dans les rues de Dupont Circle, je lui dis qu’un jour, j’achèterais une maison dans ce quartier.
— C’est vrai qu’on s’y sent bien.
— C’est un ancien quartier, à la mode et donc rénové mais on dirait que les gens font tous en sorte de maintenir son âme.
— Tout le monde aime Dupont et sa fontaine.
— Viens, allons nous asseoir autour de la fontaine et jouer au jeu du pourquoi pas !
— Vendu.
— Celui là ?
— Trop jeune et celui là ?
— Trop vieux.
— Et…
— Trop musclé, bourré d’hormone.
— Je dirais pas non…
— Donc : un why not pour moi et nada pour toi.
— Celui là ?
— Déjà testé, nul au lit !
Il en rit à gorge déployée.
— Tu rigoles, ça me soulage !
— Flav, je serais toujours là pour toi.
— Moi aussi Dave.
— Je suis sincère, tu m’as redonné goût à la vie et…
— Pas de discours larmoyant aujourd’hui, filons vite chez toi avant d’être trempé par l’averse.
— J’espère avoir laisser un t-shirt chez toi, celui-ci est trempé.
— Il y a plein de trucs à toi à la maison, et tu y es toujours chez toi !
— C’est gentil.
On ne fit plus jamais trois jours sans se donner des nouvelles, d’ailleurs L m’obligea à reprendre mes engagements pour la boîte, ça me changeait en effet les idées et je ne pensais quasiment plus jamais au drame. J’étais libéré de mes fantômes, j’avais des amis sur qui compter et un mec adorable qui me passait le moindre de mes caprices. J’eus la moto rouge de mes rêves pour mon anniversaire, et le jour même, on prit le jet pour aller au Canada voir un concert de Ginette Reno, au tout premier rang, rien que d’y repenser j’en ai la chair de poules. Quelle voix et quelle bout de femme génial ! Un merveilleux anniversaire…
À suivre...
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