Don du sperme

Don du sperme
Texte paru le 2015-01-19 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
Publié par l'auteur sur l'archive wiki de Gai-Éros.

MM.jpg

Cet auteur vous présente 215 texte(s) et/ou série(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 7844 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)
Raconte-201808.jpg

Août
À chaque mois en 2018, une nouvelle activité vous sera présentée dans Raconte-nous cette photo #9...

Laissez voguer votre imagination autour de cette photo et excitez-nous dans vos propres mots!

Voyons ce que les auteurs voient dans cette photo, à leur façon!

Raconte-201809.jpg

Septembre


C’était la première fois que je devais donner mon sperme.

Décalottez et nettoyez le gland avec une lingette humide puis introduisez le pénis dans le tube masturbateur

Pour ceux qui ne sont pas familiers de nos coutumes, je rappelle que les enfants ne sont plus portés par les femmes, mais qu’ils grandissent dans des matrices artificielles, conçus avec des gamètes soigneusement sélectionnés afin d’obtenir les êtres les plus parfaits possibles. J’avais de fortes chances d’être un de ces reproducteurs car j’avais eu d’innombrables examens médicaux au cours de mon enfance et de mon adolescence. J’avais reçu la confirmation définitive il y a quelques semaines, j’avais été choisi et j’allais devoir me rendre chaque mois au centre d’insémination. En théorie ce n’était pas obligatoire, mais personne n’aurait renoncé à un tel honneur, même si l’on ne remboursait que les frais de voyage. Je pouvais y aller en métro, celui-ci était gratuit depuis une décennie, lorsque les automobiles avaient été bannies définitivement des villes. Je n’allais donc pas recevoir un seul centime.

J’avais lu beaucoup d’articles sur le don du sperme. Les personnes disaient que c’était beaucoup plus intense qu’un orgasme avec un autre être humain, j’étais donc assez impatient, d’autant plus qu’on m’avait demandé de m’abstenir pendant trois jours avant la visite, ce qui était assez éprouvant à mon âge.

J’entrai dans le centre d’insémination. Grâce à la puce qui était insérée dans mon corps, le système d’accueil contrôla immédiatement mon identité et m’indiqua que je devais prendre place à la salle d’attente et qu’on viendrait me chercher. Je fus étonné, car tous disaient que c’était entièrement automatique. Il y avait peut-être un accueil spécial la première fois.

J’étais arrivé à l’avance et je dus attendre l’heure de la convocation. Un jeune homme entra. Il était à peine plus âgé que moi, une vingtaine d’années. Il était vêtu d’un tee-shirt et de pantalons blancs. Il avait son nom sur un badge : « Julien » et sa fonction : « Infirmier préleveur ». Comme j’étais le seul à attendre, je me levai et lui serrai la main. Il me salua :

— Bonjour Monsieur, bienvenue.

— Bonjour Monsieur.

— Je suis votre infirmier, veuillez m’accompagner.

— Merci, je pensais que je serais seul.

— Il y a eu trop de réclamations, les hommes reproducteurs n’étaient pas à l’aise. Nous testons un nouveau concept d’accompagnement des clients et vous avez été choisi au hasard.

Nous suivîmes un long couloir et nous entrâmes dans un local. Il avait été rénové et sentait encore la peinture fraîche. Je vis tout suite la machine qui devait servir au prélèvement. Il n’y avait rien d’autre, à part une chaise. Julien me dit :

— Voici donc la nouvelle chambre prototype. L’appareil est pratiquement le même que dans les autre cabines. Et il y a aussi une douche. Vous pouvez commencer.

J’hésitais, ne sachant pas que faire. Je pensais que l’infirmier allait quitter la pièce.

— Vous restez ? lui demandai-je.

— Cela vous dérange-t-il ? Je peux appeler une infirmière si vous préférez.

— Non, ce n’est pas ça. Je n’ai simplement pas l’habitude de me déshabiller devant des inconnus.

— Ne vous en faites pas, je vois des bites, pardon des gens nus toute la journée depuis que je fais ce travail.

— Il y a longtemps ?

— Non, je dois l’avouer, vous êtes mon premier client. J’ai fait seulement des essais avec d’autres collègues lors de la formation. Excusez-moi si je suis encore maladroit.

J'enlevai mes habits, les posai sur la chaise, hésitant au moment de baisser mon boxer. Je me retrouvai nu devant Julien.

— Vous devez prendre une douche, c’est obligatoire. Et pensez à décalotter votre gland avant.

J’entrai dans la cabine de douche. Elle avait une porte transparente et l’infirmier pouvait me voir. Je fus automatiquement aspergé par des jets puissants sur mon pénis et mon anus, je sentis l’odeur d’un produit désinfectant. De l’air chaud me sécha ensuite, puis je ressortis.

Julien me montra une marque sur le sol indiquant où je devais poser mes pieds. Je me positionnai. En face de moi, un bras télescopique avec une sorte de tube muni d’une ouverture qui me fit penser à un jouet sexuel. L'infirmier mit des gants puis me dit:

— Je vais enduire votre pénis de gel lubrifiant, ce sera plus agréable.

Il mit du gel sur mon pénis et le répartit sur toute sa longueur. J’étais très gêné mais en même temps très excité. Je dois vous avouer que j’étais vierge et que c’était la première fois qu’on me caressait le pénis. Je bandai déjà un peu. Julien fit glisser mon prépuce, approcha le masturbateur et introduisit mon membre à l’intérieur.

Je sentis qu’il lubrifiait aussi mon anus, puis il inséra une sonde. Ils allaient ainsi aussi s’occuper de cette ouverture, pour me prendre la température ou me stimuler ?

La lumière s’éteignit et je fus entouré d’images. C’étaient celles de mes phantasmes préférés, je me demandai comment ils les connaissaient. À ce moment-là mes sensations devinrent incroyables, indescriptibles, je n’avais effectivement jamais vécu cela. Je ne sais pas combien de temps dura la séance. J’étais submergé par mes propres phantasmes qui défilaient devant mes yeux, mieux ils envahissaient tout mon corps. Je fus de nombreuses fois prêt à jouir, mais le masturbateur automatique ralentissait ses caresses et l’excitation retombait un peu.

Je finis par avoir une très longue éjaculation, je sentis le sperme jaillir de mon méat en de longues rafales.

Tout finit abruptement. La lumière se ralluma. Un écran affichait déjà la quantité de sperme récoltée, le nombre de spermatozoïdes, la durée de l’orgasme et d’autres données médicales : le pouls, la température, la tension artérielle, la température. On me signalait que ces données étaient disponibles sur le site du centre d’insémination sous mon numéro de client. J’allais pouvoir contrôler les variations d’un mois à l’autre. Je savais déjà qu’une baisse de qualité m’exclurait définitivement du don.

Un dernier chiffre me troubla : on m’indiquait que 10 enfants seraient conçus avec cet échantillon. J’allais être père pour la première fois, mais je n’allais jamais connaître mes enfants. Il y avait bien longtemps que le modèle traditionnel de la famille avait disparu, les enfants naissaient et vivaient dans des élevages.

Je me tournai vers mon infirmier et je portai mes yeux sur son entrejambe par hasard. Il me sembla qu’il avait une grosse bosse sous son pantalon blanc, une très grosse bosse. Je relevai les yeux et croisai son regard. Il rougit. Je n’hésitai pas à lui demander :

— C’est moi qui vous fais cet effet ?

Mon infirmier Julien avait l'air confus :

— Excusez-moi, c'était impressionnant de vous voir, l'orgasme avait l'air si intense.

— J'en suis moi-même étonné, comment cette machine arrive-t-elle à procurer ces sensations ? Le savez-vous ?

— On vous drogue, la sonde dans votre rectum délivre un médicament, comme un suppositoire.

— Mais pourquoi ?

— Tout simplement pour que vous reveniez régulièrement faire votre don. Créer une addiction.

— Ma semence est-elle si importante ?

— On nous a donné des chiffres, le nombre de spermatozoïdes a drastiquement diminué chez la plupart des hommes, l'humanité est en péril, vous, les hommes reproducteurs, êtes le seul espoir de la sauver.

— Je ne pensais pas que la situation était si grave.

— On ne dit pas toute la vérité. La plupart des gens ne s'y intéressent pas, seul l'hédonisme compte.

Je repensai alors que j'avais déjà dû donner mon sperme lorsque j'avais été pubère. Mais c'était moi qui m'étais masturbé. On m'avait ainsi sélectionné à ce moment-là. J'eus une idée, je demandai à Julien :

— Quand avez-vous votre prochain client ?

— Vous êtes le seul de la journée. Nous sommes très prudents dans cette phase de test. Il faut chaque fois analyser les paramètres avant de continuer.

— Vous avez donc le temps ?

— Oui, je dois encore faire un rapport, notre conversation m'aidera à le rédiger.

— Et vous, avez-vous déjà essayé le masturbateur ?

— Non, je n'ai pas le droit, mon sperme est stérile.

— Dommage, j'aurais bien aimé vous voir dans la même situation que moi.

— Ce n'est pas possible, à moins que...

— Que quoi ?

— La machine peut être utilisée en mode de test, si l'on détecte un dysfonctionnement. N'avez-vous rien remarqué d'anormal ?

— Non, mais vous trouverez bien une défaillance quelconque pour justifier un test. Vous pouvez commencer Monsieur.

Je trouvais très amusant d'inverser les rôles et je me réjouissais déjà de voir mon infirmier branché sur la machine. Il n'hésita pas, il enleva rapidement ses habits blancs. Il bandait toujours.

Julien se dirigea vers la machine, toucha l’écran et me dit :

— Le programme de test est démarré, à vous de vous débrouiller maintenant.

J’étais soudain embarrassé, je regardai l’écran, il était inscrit :

Le reproducteur a-t-il pris une douche ?

Je demandai à julien s’il voulait se doucher, il me répondit non, nous ne devions pas perdre trop de temps pour ne pas alerter un surveillant. Je touchai le « oui ».

Avez-vous mis des gants ?

Je pris une paire de gants en vinyle dans une boîte posée sur la machine et les mis. Je confirmai.

Le reproducteur a-t-il déjà une érection ? (non, partielle, forte, très forte)

Je me demandai à quoi servait cette question, je tapai « forte ».

Veuillez enduire la hampe du pénis de gel lubrifiant, évitez d’en mettre sur le gland.

Je pris le flacon et déposai quelques gouttes sur le membre de mon infirmier. Cela le fit frémir. Je répartis délicatement le lubrifiant sur toute la longueur, m’arrêtant à la couronne du gland, celui-ci était déjà découvert, un fil de liquide pendait du méat. Julien était très excité. Je confirmai l’action.

Veuillez introduire la sonde anale après avoir lubrifié l’anus.

Pas beaucoup de détails. La sonde était dans la machine où elle avait certainement été désinfectée. Je la sortis, un tuyau la reliait au masturbateur. Elle ressemblait à un plug anal, avait quelques trous, pour la diffusion de la drogue je pense, ainsi que quelques protubérances pour stimuler la prostate. Je la reposai, puis je me mis à genoux afin de bien voir ce que je faisais. J’écartai les fesses, enduisis l’anus de gel, puis je glissai mon doigt à l’intérieur afin de préparer le mieux possible l’introduction de la sonde. Je la repris et la fis pénétrer lentement. L’érection de Julien passa de « forte » à « très forte ». Je n’eus pas besoin de noter cette modification, mais je reçus l’ordre suivant :

Décalottez et nettoyez le gland avec une lingette humide puis introduisez le pénis dans le tube masturbateur après avoir positionné celui-ci au moyen du bras télescopique.

Je fis ce que la machine me demandait. Il ne me resta plus qu’à démarrer la phase suivante. Je déplaçai la chaise afin de bien observer l’infirmier et je m'assis, je le voyais de profil. La lumière s’éteignit. Des images vidéo furent alors projetées sur le mur devant Julien, c’étaient ses phantasmes, où plutôt l’un de ses phantasme. Ce que je vis m’intrigua beaucoup. Ce n’étaient pas des images tirées d’un film pornographique, c’était l’image de Julien lui-même. Il était en compagnie d’un homme du même âge que lui, en pleine nature sauvage, au bord d’un lac. Les deux étaient nus et s’embrassaient alors que le soleil se couchait, très romantique.

Je réalisai tout à coup que l’autre homme était moi.

J’étais totalement décontenancé par ce que je voyais, j’essayai de retrouver mes esprits et de reprendre les choses dans l’ordre. D’une manière ou d’une autre, la machine projetait les phantasmes de mon infirmier. Les connaissait-elle à l’avance, comme je l’avais tout d’abord supposé, ou les lisait-elle vraiment dans son cerveau à mesure ? Julien ne me connaissait pas avant, j’optai pour la deuxième solution, ce qui m’inquiéta beaucoup. Si des machines pouvaient lire nos pensées, nous allions être surveillés en permanence, ne plus avoir de jardin secret.

Je me calmai et décidai de contempler l’infirmier plutôt que de gamberger. Les explications viendraient plus tard. Il était couvert de sueur et avait atteint la phase d’excitation extrême, son bassin ondulait, le bras télescopique accompagnait ses mouvements. Il cria et eut un violent orgasme, puis resta une minute sans bouger. Je me levai et lus les instructions. Je dus lui enlever la sonde anale et la remettre en place dans le masturbateur. Il retira lui-même son pénis, celui-ci était propre, la machine avait aspiré tout le sperme. Il me demanda :

— Vous avez apprécié ?

— C’était très… troublant. Vous pensiez à moi.

— Oui, je l’avoue.

— Mais vous ne me connaissiez pas ?

— Je n’aurais jamais dû vous laisser regarder, je pourrais avoir des ennuis. Promettez-moi de ne rien dire.

— Je vous le promets, mais j’aimerais avoir quelque chose en contrepartie.

— Qu’aimeriez-vous avoir ?

— Je vous le dirai plus tard, continuez.

— C’est bien la machine qui lisait dans mon cerveau, je pensai à vous lorsqu’elle me masturbait.

— C’est affreux !

— Quoi, que vous fassiez bander un homme ?

— Mais non, que la machine lise dans nos cerveaux !

— Ce n’est qu’une évolution logique. Depuis le début du 21ème siècle, tous les humains sont transparents, ils vivent jour et nuit avec leur smartphone ou leur ordinateur, toute leur vie passe par ces objets, n’importe qui pouvait déjà connaître toute leur vie, tous leurs désirs, tous leurs péchés en surveillant les transmissions. Lire les pensées dans le cerveau n’est qu’un détail.

— Mais un journaliste pourrait l’apprendre, cela ferait un scandale.

— Il n’existe plus de vrais journalistes depuis longtemps. Tout ceci n’intéresse personne.

Je dus me rendre à l’évidence, il avait raison. Il me demanda :

— Alors, que désirez-vous en contrepartie de votre silence ?

— Je désire revivre la scène de vos phantasmes dans la réalité.

— Rien que ça ? Avec grand plaisir.

Julien fit quelques manipulations sur l’écran et l’image romantique fut à nouveau projetée. Nous étions toujours nus tous les deux, il s’approcha, me prit dans ses bras et posa ses lèvres sur ma bouche. J’aurais quand même préféré la nature sauvage.

Deux semaines plus tard, nous étions au bord d’un vrai lac, nus, le soleil se couchait. Après un long baiser, Julien me dit :

— Alors, tu y as cru à la machine qui lit dans le cerveau ?

— Mais oui, pourquoi ?

— Ce n’était qu’une machination, c’est seulement la drogue qui stimule le corps, normalement il n’y a que des images abstraites projetées, juste pour créer l’ambiance. C’est bien moi qui ai bidouillé la vidéo avec des photos.

— Je ne comprends pas, pourquoi ?

— Pour te séduire, tout simplement.

— Je comprends encore moins, tu ne me connaissais pas. Comment as-tu trouvé la photo où je suis nu ?

— Je te connaissais avant que tu viennes au centre, il y longtemps que nous sommes amis sur Docti, j’ai le mot de passe de tes albums et lorsque tu as annoncé au monde entier que tu devais donner ton sperme, je n’ai eu aucune peine à deviner qui tu étais et à mettre en place cette mascarade. Je ne suis pas infirmier, mais programmeur et c’est moi qui gère l’informatique des masturbateurs.

Je lui pardonnai volontiers, nous nous mariâmes, vécurent heureux et mes enfants naquirent dans des élevages.