Chroniques érotiques de la rue Mont-Royal

De Gai-Éros.

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Chroniques érotiques de la rue Mont-Royal
Texte paru le 2004-12-02 par Lubrik   Drapeau-qc.svg
Ce texte a été reproduit sur l'archive avec l'autorisation de Zipper (2000 - Contact: jeandenis@microtec.net)


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Template-magazine.pngMagazine Zipper
  • Vol. 1, no. 5
  • Date : Novembre-Décembre 1994
  • Rubrique : Fait vécu
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On était au début de l'été 78. Ma récente rupture avec mon amant m'avait forcé à me trouver un nouvel appartement. Ce qui se fit sans trop de peine. Même que, j'étais plutôt fier, j'avais mis la main sur un magnifique dix et demi en plein coeur du Plateau Mont-Royal et ce, pour une bouchée de pain. Une chance inespérée. Ce logement avait appartenu à des notables au début du siècle, voyez le genre; hauts plafonds, boiseries, vitraux, foyer de marbre et tout, et tout. Il était un peu délabré mais vu le prix, je n'avais rien dit.

UN OUVRIER NOMMÉ MICHEL

Afin de me donner un coup de main, un de mes amis m'avait offert les services d'un jeune homme habile et débrouillard qu'il se chargeait de rémunérer pour la durée des travaux. J'étais aux oiseaux. D'autant plus que mon ouvrier avait des charmes physiques indéniables! En effet, Michel était un superbe petit mâle de vingt-cinq ans au corps robuste et à la démarche de jeune matou. De plus il avait une gueule splendide avec des traits doux et carrés, des cheveux châtains un peu longs et des yeux limpides qui cachaient, on aurait dit, une certaine tristesse. Michel était vraiment beau. et puis, ce qui ne gâchait rien, il était agréable et dévoué.

Les premiers jours, notre conversation porta essentiellement sur le travail à abattre, la qualité des matériaux, les fournisseurs et la façon d'opérer. En fin d'après-midi on buvait quelques bières et Michel retournait sagement chez lui. Je restais seul avec le vide qu'il laissait derrière lui dans ces grandes pièces dénudées, encombrées de gallons de peinture et d'échaffaudages.

Un soir, avec la bière, je lui proposai de fumer un peu de hachisch. Il accepta avec ravissement. Notre conversation devint alors plus personnelle. Ainsi j'appris, sur un fond de Pink Floyd, qu'il avait eu des démélés avec la justice pour une vague histoire de possession de marijuana. Il en était sorti traumatisé, voire amèrement écorché. Ses parents l'avaient renié et sa blonde l'avait quitté.

À partir de ce soir-là, Michel s'était rapproché de moi. Le fait d'avoir déballé cette sombre histoire l'avait délivré de son isolement et mis en confiance. Son attitude avait changé du tout au tout. Michel était de jour en jour plus joyeux et semblait de plus en plus heureux de venir travailler. Les journées où il faisait très chaud, il enlevait sa chemise et peinturait torse nu. Son corps m'émouvait, ses seins ronds légèrement duveteux me perturbaient au plus haut point. De plus Michel avait la mauvaise habitude de porter ses jeans très bas, accrochant ainsi mon regard sur la fine ligne de poils sombres qui, de son nombril, allait mourir quelques centimètres plus bas derrière la boucle en métal de sa ceinture. Cette façon de porter le jean me provoquait délibérément. Un jour, alors qu'il était de dos et penché offrant à ma vue l'orée de sa raie, je ne pus retenir cette remarque:

— Faut que je te prévienne quand je vois trop de peau je risque de devenir dangereux, je peux me changer en loup-garou.

Ce à quoi il m'a répondu d'un sourire goguenard:

— Tu peux te changer en n'importre quoi, j'ai pas peur, ch'us capable de me défendre.

Je ne savais que trop ce qu'il voulait dire et il s'en amusa. Or, comme c'était l'heure de la bière, je l'invitai à s'arrêter. Assis par terre, on a bu, on a fumé. Les Rolling Stones chantaient "I can't get no satisfaction".

Michel s'est levé pour se rendre à la toilette, il a ouvert la porte et ne l'a pas refermée, il a défait sa ceinture, a baissé son pantalon à mi-cuisses et s'est mis à pisser. De ma place, je pouvais parfaitement distinguer la chute vertigineuse de ses reins et le profil de sa verge qu'il tenait virilement entre son pouce et ses quatre autres doigts. Lors de sa miction il a retiré son prépuce, dégageant ainsi entièrement son gland rose et lustré. Ses couilles étaient particulièrement grosses et très poilues. Au terme de son envie il a généreusement secoué sa lourde bite qui, me semblait-il, avait acquis quelque proportion. Il se reculotta et revint s'asseoir devant moi, mine de rien. C'en était trop, j'éclatai:

— Coudon, le fais-tu exprès?

Innocemment il répondit:

— Qu'essé qui a, t'as jamais vu ça un gars qui pisse?

— Certain que j'ai déjà vu ça, mais ça m'excite.

C'est alors qu'il me répondit de la façon la plus banale:

— Si t'aime ça tant que ça regarder un gars tout nu, allume un autre joint pis viens prendre ta douche avec moé.

Cette fois l'invitation était on ne peut plus directe. Je me suis mis à rouler pendant qu'il enlevait ses bottines et ses bas de laine. Il descendit son jean jusqu'en bas de l'aine, puis tout naturellement il s'est foutu à poil. Lorsqu'il a baissé son pantalon, sa queue était tellement raide qu'elle resta accrochée à l'élastique de ses sous vêtements blancs. Une fois dégagée, elle alla claquer dans un bruit mat, sur son ventre plat.

Il me regarda en faisant des petits yeux, la voix rauque il me dit:

— C'est écoeurant, quand je fume d'la dope ch'us tellement sensible que je viens tout excité pi je bande pour rien.

Je compris que c'était sa façon à lui de cacher son désir homosexuel. Je n'en fis pas de cas et j'ajoutai:

— Ben oui, j'comprends ça, moi aussi ça me fait la même affaire.

C'est alors qu'il allongea la main pour vérifier mes dires. Il eut un petit sifflement admiratif:

— Wow, t'as l'air à être ben pris.

Même si je savais avoir une petite longueur d'avance sur lui, je me plu à lui répondre:

— Presque autant que toé.

C'est alors que je me glissai à plat ventre sur le plancher et que je lui écartai ses cuisses musclées. Sa queue pointait vers le plafond tel un flambeau glorieux, sa poche volumineuse touchait le sol. J'approchai mon visage jusqu'à son pubis sombre et odorant, un léger vertige me prit. Je réalisai que je frôlais enfin l'objet de ma convoitise. J'ouvris la bouche et aspirai l'une de ses énormes couilles, j'arrivais à peine à l'engloutir et je pris bien garde de ne pas serrer trop fort cette partie si sensible de l'anatomie masculine. Michel se renversa la tête vers l'arrière et émit un faible gémissement. De ma langue je ramassais cette belle bourse cossue, sur mon front sa queue brûlante donnait des secousses vives et répétitives. Lentement ma bouche monta le long de son pieu, arrivé tout au bout j'avalai son gland d'un geste preste, ce qui provoqua la surprise escomptée; mon homme saisi par l'astuce poussa un long râlement. Je tentai alors d'engouffrer son manche au plus profond de ma gorge. Mission difficile, s'il en fut, puisque le sexe de mon ouvrier était un outil genre gros modèle, or je n'arrivais pas à l'engloutir complètement. Il n'en fallait pas plus cependant, Michel ressentait sans contredit les délices de ma succion. J'entrepris de glisser mes lèvres chaudes, mouillées et avides à une cadence retenue puis, petit à petit, j'accélérai. Des soubressauts envahirent son corps tendu et crispé pendant que l'une de ses mains s'accrochait à ma chevelure comme un noyé désespéré. Michel grommelait maintenant des paroles inaudibles comme si la folie s'était emparée de lui. Je le suçais passionnément ajoutant toujours un peu plus de pression. Michel délirait:

— Crime que tu suces ben, oooooh, encore, encore, lâche-moi pas, aaaah, suce, suce, j'vas venir comme ch'us jamais venu... hooooon!....

Enhardi par la jouissance de mon beau jouisseur, j'astiquai sa vibrante bite encore plus en profondeur. J'avais atteint un rythme qui ne lui laissait plus la chance de respirer, ma salive abondante coulait sur son membre de marbre jusque sur sa poche gonflée tel un gant de boxe. De ma main, j'enserrai fortement la base de cette belle pissette veineuse en la pressant encore un peu plus de mes lèvres jusqu'à ce que cette mesure l'entraîne irréversiblement vers le point de non retour. Je sentais, à entendre ses gémissements saccadés, que la sève s'acheminait maintenant dans le canal déverseur. Michel, la bouche grande ouverte, n'arrivait plus à émettre un son. Tous ses muscles étaient bandés comme la corde d'un arc. Soudain un premier jet éclata dans ma bouche, Michel hurla comme une bête qu'on égorge:

— J'VIENS, J'VIENS, J'VIENS, AAAAAAAH!

En rafale le sperme jaillit dans ma gorge, mon homme tressautait, le corps plein de convulsions. Son sperme était si abondant que je ne pouvais tout contenir. J'étais moi-même si excité que je sentis, sans me toucher, éclater ma propre éjaculation dans mes pantalons. Michel a lancé un dernier cri et une dernière salve. Il était venu, et pas à peu près. Subitement il me supplia de le lâcher tant sa queue n'en pouvait plus, il s'est alors effondré essouflé, moi par dessus lui, le coeur battant comme après un dur combat.

Nous sommes restés quelques temps ainsi affalés sur le plancher. Michel a ouvert les yeux, a ri, puis m'a dit:

— Pi, on le fumes-tu ce joint-là?

— Pi, on la prends-tu c'te douche-là? ai-je rétorqué.

— Certain, on en a ben d'besoin...


Les jours qui suivirent m'apparurent des plus paradisiaques. Michel acceptait sans résistance, mes avances. Je raffolais le baiser dans les situations les plus saugrenues, tous les racoins de la maison étaient propices à lui pogner le cul. Mon ouvrier était visiblement heureux de la tournure de son emploi. Les travaux avancaient au même rythme que notre relation progressait. Michel se plaisait à exhiber ses charmes sachant parfaitement que je ne pouvais y résister. La cannicule était pour lui un beau prétexte. Il s'habillait souvent d'une simple culotte courte munie d'un élastique, ce qui me rendait la tâche très facile pour les lui descendre lorsqu'il était juché dans son escabeau. Le petit vicieux était devenu un excellent partenaire lui qui, au début, était plutôt passif. C'était avec un appétit évident qu'il me mangeait maintenant le lunch. Le jeu du 69 devint vite notre position préférée. Michel me disait:

— J'aime tellement ça quand on vient en même temps. Quand ch'us stone j'ai l'impression que c'est moé que je suce pi que je viens dans ma propre bouche.

Si sa libido avait franchi le mur de la résistance, ses sentiments cependant étaient toutefois bien arrêtés. Il n'était certes pas question de s'embrasser et de se dire des mots compromettants. Un jour il me dit cette simple phrase par laquelle il tenait à me préciser le fond de sa pensée:

— Ch'us pas homosexuel, j'aime le cul, j'aime tripper, tant qu'à me crosser tout seul, j'aime mieux me faire sucer par un gars. Une queue ben bandée a pas de parenté.

Les allégations de Michel s'avérèrent aléatoires puisqu'un beau soir il considéra qu'il serait plus commode pour lui de dormir sur place. Comme je ne possédais qu'un lit, il n'y avait plus d'équivoque sur la localisation de ses prochaines envies. De plus mon petit straight n'eut aucune réticence à mes enlacements lorsque nous fûmes couchés. La proximité de nos deux corps pendant ces nuits torrides provoquaient, chez chacun de nous, des érections quasi continuelles; tant et si bien qu'il était fréquent de refaire la chose trois à quatre fois par nuitée. Quel chaud lapin! Quand on considère que nos journées en comptait tout autant!

VARIATION SUR UN MÊME THÈME

Vint un beau samedi soir où on avait tiré le joint et trinqué un peu fort. L'alcool et les substances consommées me rendirent audacieux. Effrontément, j'osai convoquer Michel à mon lit pour une expérience de «frenchage» expérimentale. À mon grand étonnement il ne refusa pas et me fit cette proposition plutôt inattendue:

— O.K. On va frencher mais va falloir que tu te laisses fourrer.

— Tu veux me fourrer? Je sais pas si c'est possible, t'as un gros char pi j'ai un p'tit garage.

— Inquiète-toi pas, j'vas me faire d'la place.

Décidément mon chum hétéro devenait de plus en plus libertin. Il entreprit alors de m'embrasser en s'allongeant sur moi. Il me lécha les lèvres tendrement comme un chat sape son lait puis, il introduisit sa langue dans ma bouche avec avidité. Très rapidement je sentis l'excitation le gagner, son corps à demi nu, vigoureusement, se frottait contre le mien. En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, je pouvais sentir la raideur de son membre s'agiter au pied de mon ventre. Tout en me farfouillant dans la bouche, il entreprit de nous déculotter avec une dextérité remarquable. Cette fois, ça y était. Je possédais mon homme entièrement. Pendant que nos deux langues se débattaient, je caressais ses épaules rondes et lustrées, son dos ruisselant, ses reins creux et ses petites fesses dodues. Michel glissa sa queue entre mes cuisses entreprenant un léger mouvement de va-et-vient; je sentais qu'il tentait de se glisser dans ma raie. Mon défloreur débuta la grande manoeuvre. Il releva dabord mes jambes qui s'accrochèrent à ses hanches, il cracha dans sa main et généreusement me badigeonna sensuellement l'anus. La première tentative fut infructueuse, le bout de son gland n'arrivait pas du tout à s'insérer dans mon petit trou contracté. Mais, il savait y faire car il me tourna sur le ventre et de ses larges mains écarta mes fesses, de sa langue il se mit en frais de détendre mon sphincter anxieux. J'étais au comble du ravissement, des frissons d'extase me parcouraient de la tête aux pieds. Comme un cochon dans sa moulée, Michel me dévastait le trou du cul. Les poils drus de sa barbe pas rasée me griffaient les fesses au passage et sa langue travailleuse parvenait à se faufiler par le chemin obscur de mon fondement.

Ces préléminaires ont duré suffisamment longtemps pour que son acharnement et son habileté soient vite récompensés. Le verrou avait cédé. Avec aisance il pouvait maintenant entrer jusqu'à trois doigts à la fois dans mon orifice dilaté. Fier comme un coq, il brandit sa queue surexcitée et approchant de mon anus enflammé, il m'a dit:

— C'est astheur qu'on va voir si tu peux faire des bébés.

Pour lui remettre la monnaie de sa pièce, j'ai répondu mi-figue, mi-raisin:

— Vas-y, y a pas de danger, j'ai été opéré.

Sur cette note d'humour, il est entré dans ma cour.

D'abord il m'a pistonné avec modération prenant bien le temps que je le reçoive confortablement, puis sentant l'aisance s'installer il s'est mis à accélérer. La douleur des premiers instants s'est bientôt transformée en jouissance, les ongles enfoncés dans le matelas, je capotais. Pour la première fois je connus l'extase du portique arrière. Jamais je ne me serais douté de tant de plaisir. Il faut dire qu'être possédé par un aussi beau p'tit gars y était pour quelque chose. Michel me souleva l'arrière-train et s'empara de ma queue en disant:

— J'vas te fourrer à quatre pattes, comme ça j'vas pouvoir te crosser en même temps. On va essayer de venir ensemble.

Michel mit son plan à exécution. Son traitement intensif s'est avéré fort efficace, car je mis à gicler mon sperme comme une fontaine en même temps que mon enculeur me labourait le cul comme une machine déréglée. Son ardeur était d'une puissance inouïe et lorsqu'il déversa sa semence en moi, il hurla comme je ne l'avais jamais entendu auparavant. Exténués, on s'est effondré dans un rire délirant. Michel a dit:

— Crime que c'est cochon une botte dans l'cul, j'ai jamais joui d'même en fourrant.


La relation que j'entretenais avec mon petit hétéro en était une des plus enthousiastes. Cette nouvelle variation dans nos parties de cul avait moussé nos rapports qui ressemblaient maintenant à une folle passion. Malgré que Michel n'ait jamais osé me parler de ses sentiments envers moi, je savais que chacun de ses gestes me le prouvait. Et puis fuck les mots d'amour, je n'en aurais trop su que faire.

LA BÊTISE HUMAINE

Notre petite histoire aurait bien pu se poursuivre longtemps, si un beau soir je n'avais eu la visite inopinée de deux de mes amis et d'un inconnu à la langue fourchue. Une véritable calamité, une grande de la pire espèce qui n'a su que dire cette incommensurable niaiserie:

— Wein, y paraîtrait que t'as réussi à revirer ton staraight en tapette, ça va nous en faire une nouvelle dans gang.

Michel avait feint de ne pas comprendre mais bien sûr il avait tout entendu.

À partir de ce soir fatidique, il ne coucha plus à la maison et refusait toute approche. On avait blessé son orgueil de mâle et de plus il s'était senti trahi. Je ne sais trop comment, mais quelqu'un avait brûlé la mèche et notre relation secrète était à jamais compromise.

J'osais espérer que Michel oublierait cette idiotie. Mais il demeurait imperturbable. Il se contentait de faire son travail et s'emmurait dans un silence des plus désolant.

COMMUNICATION EN CONFÉRENCE

Un jour on vint installer ma ligne téléphonique. Un beau grand gars s'était présenté fort de sa personne. Ses seins bien galbés forçaient son t-shirt blanc, ses jeans délavés moulaient des fesses à faire rêver et la ribambelle d'outillage à sa ceinture lui conférait un air de vrai mâle. Il inspecta les lieux cherchant les anciennes installations afin de rebrancher le nouvel abonné que j'étais. Soudain, je l'entrevis poser les yeux sur une revue gaie que, par mégarde, j'avais laissé traîner. Pendant une fraction de seconde nos regards se sont croisés. De sa voix basse il a déclaré:

— Va falloir refaire une vouvelle ligne à partir du poteau. Y doit être dans ruelle en arrière.

De suite je lui indiquai qu'on pouvait y accéder en passant par la shed au bout de ma galerie. Il sortit pour revenir après quelques instants.

— Y'aurait-tu moyen d'avoir d'la lumière dans cette cabane-là, y fait noir comme chez l'loup pi comme les escaliers sont à l'intérieur, j'vas me casser le cou.

Je souris de la petite rimette et m'empressai de trouver une ampoule, celle existante ayant probablement brûlée récemment. Lorsque j'arrivai dans la shed pour remplacer l'ampoule, je me rendis compte qu'elle n'y était plus, elle avait disparu. Le gars du Bell derrière moi ne me laissa pas le temps de comprendre le subterfuge. Brusquement, il referma la porte nous plongeant tout deux dans l'obscuritée totale. Prestement il m'agrippa et je sentis sa main farfouiller dans mon entre-jambe. La surprise ne pouvait être plus vive. Avec une agilité étonnante, il descendit mon pantalon jusqu'aux chevilles et je sentis ses lèvres s'apposer sur ma queue pas encore bandée. Je repris vite mes esprits et réalisai l'opportunité d'une telle aventure; ce bel homme si désirable me désirait. Il n'était pas question qu'il fut le seul à se servir. J'entrepris de le dévêtir. D'abord j'enlevai son t-shirt qui cachait son torse si magnifiquement développé. Je le fis relever et de ma bouche je m'accaparai de l'un de ses mamelons érectiles, puis je m'attaquai à l'autre pendant que je défaisais la boucle de sa ceinture. Son torse et son ventre étaient légèrement poilus et son nombril, subtilement proéminent, me fit penser à un petit champignon dans la mousse. Je m'amusai longuement à l'enduire de bave en le titillant du bout de ma langue. Mon gros mâle frémissait et n'arrivait plus à contenir son désir, de sa voix grave, toute haletante, il m'implora:

— Envoye, mange-moé, j'me possède pu...

Je ne me fis pas prier, car, de fait, sa verge dure dans son jean semblait étouffer. La forme que je palpais était des plus prometteuses; une bosse impressionnante gonflant son pantalon du bas de son zipper jusqu'au coin de sa hanche. Je libérai le monstre qui surgit et me claqua sous le menton: une queue étonnante au gland énorme. D'une main, je soupesai sa lourde poche comme un trésor qui contenait, sans aucun doute, deux superbes oeufs d'or. Je les léchai goulûment tandis que l'autre main s'affairait à glisser, en un lent va-et-vient, sur la peau mouvante de son adorable bite. Avec application, je rongeais le membre de ce bel étalon pendant que mes mains parcouraient les formes extraordinairement masculines de mon agresseur. Il arriva vite près de l'éjaculation et me pria de cesser. Je me relevai afin de profiter davantage du plaisir de parcourir, de mes mains aveugles, les formes viriles de son corps en sueur. Sa bouche dans la noirceur chercha la mienne, nos langues se rencontrèrent pendant que sa queue se pressait avec fougue contre moi. Mon agresseur était déchaîné, ses mains semblaient vouloir s'accaparer de tous mes membres à la fois et particulièrement de celui qui est entre les jambes, sa bouche en faisait tout autant et dans la frénésie, sa barbe forte allumait des feux sur les parties tendres de ma peau. J'étais envahi par son excitation effrénée et au comble de l'agitation. C'est alors...

C'est alors, que la porte s'ouvrit jetant une lumière brutale sur notre accouplement illicite. Michel était là: abasourdi, pétrifié, foudroyé par cette scène à laquelle il ne s'attendait certainement pas. J'ai tout de suite craint le pire mais le technicien contrôla la situation. Fermement il attira Michel à l'intérieur et referma la porte à nouveau. Je sentis le souffle de Michel entre nous. Le gars du Bell murmura à l'oreille du nouvel arrivé:

— Pose-toé pas de questions, prend le plaisir qui passe. Ça n'arrivera pas tous les jours.

J'entendis des froissements de tissus et je compris que ces paroles avaient atteint leur but, car Michel accepta de se laisser déshabiller. Une étrange sarabande s'engagea laissant chacun de nos gestes s'inventer au hasard de l'obscurité. Je sentais sur moi des mains chercheuses, des bouches lécheuses, je caressais des bras, des ventres, des sexes, des fesses. Je suçais je ne savais plus trop qui et je me faisais sucer par je ne savais trop lequel de mes deux maris; j'étais complètement confus. Alors, je sentis deux mains puissantes me relever et me coller fermement le dos à la paroi de bois derrière moi. Je reconnus cette fois le technicien par le volume de ses bras et de ses larges épaules satinées. De sa langue chaude et visqueuse, l'instigateur de notre trio s'est mis à descendre le long de ma poitrine jusqu'à mon ventre, s'attardant ça et là, avant de sauter avec avidité sur la pièce de résistance. Il me suça avec un professionnalisme indéniable et parvenait avec diligence à enfoncer ma bite au plus profond de sa gorge. C'est alors que je réalisai que Michel le montait cavalièrement en poussant rudement son pieux entre ses deux fesses; ce qui expliquait que mon suçeur n'avait de choix que m'avaler la queue au complet. Michel m'inquiétait, la sauvagerie avec laquelle il sodomisait était outrancière. C'est à ce moment que je déchargeai toute ma gourme au tréfonds de la gorge de mon suceux. Il faillit s'étouffer, il parvint à se retirer mais, Michel ne cessa de varger dans le trou du cul de sa victime. À tel point que le technicien du Bell l'implora:

— Sacrament, fais attention tu vas me défoncer le cul.

Michel ne se soucia pas de cette requête et y alla de plus belle, puis dans un cri rageur, il éjacula en opérant les derniers coups de reins, ceux-ci encore plus violents. Michel se retira sans ménagement, se reculotta et sortit en disant:

— T'as eu ce que tu méritais...

Échevelé le gars du Bell se rhabilla en échappant un long soupir, puis me demanda:

— Pas un peu sadique, ton p'tit copain?

— Ben... j'sais pas, c'est pas dans ses habitudes, il me semble...

Mon téléphone fut installé, le beau technicien nous quitta sur ces quelques mots:

— Merci ben les gars pour votre collaboration, c'était un peu «toffe» mais ça va être correct. Salut.

De son côté Michel avait rapaillé tous ses outils et à son tour s'approcha de la porte et me dit:

— Quant à moi mon contrat est fini... Pour toujours!

Et il partit sans se retourner.


Épilogue: Je n'ai jamais revu Michel. À ce que j'ai su, il est à quelque part à la campagne avec sa petite famille. Les années ont eu beau passer je me suis toujours demandé ce qui était arrivé. J'ai souvent eu l'impression que l'intervention de Michel dans la shed avait été une pure crise de jalousie et qu'il avait enculé férocement le pauvre type par dépit ou par vengeance. Si cet incident n'avait pas eu lieu, Michel me serait-il revenu?

Je me le demande encore.

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